Guinée : après le limogeage de deux ministres, Doumbouya promet une « rigueur républicaine »

Le président guinéen Mamadi Doumbouya a mis fin vendredi 21 août aux fonctions de deux ministres, sans annoncer de motif officiel. Dans un message publié après ces décisions, il a affirmé que la lutte contre la corruption s’appliquerait à tous les responsables publics.

Deux postes ministériels sont désormais vacants en Guinée. Mory Condé, ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, et Mourana Soumah, chargé de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, ont été relevés de leurs fonctions par décret présidentiel vendredi soir. Les textes ne précisent aucun grief à leur encontre.

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Les secrétaires généraux des deux départements ont été chargés d’assurer la continuité des activités dans l’attente de la nomination de nouveaux titulaires. Ramatoulaye Camara prend ainsi l’intérim au ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, tandis que Souleymane Bah assure celui de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation.

Doumbouya lie ses décisions à l’exigence d’exemplarité

Aucun lien officiel n’a été établi entre les départs des deux ministres et d’éventuelles affaires de corruption. Le président guinéen a toutefois publié un message dans lequel il présente la rigueur imposée aux responsables publics comme une composante de son action contre les pratiques corruptives.

« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l’abri de la rigueur républicaine », a déclaré Mamadi Doumbouya dans un message publié vendredi soir.

Le chef de l’État a également insisté sur l’exemplarité attendue des personnes qui travaillent à ses côtés. Il présente la « Refondation » comme une exigence qui doit d’abord concerner les responsables de l’appareil d’État eux-mêmes.

Dans ce contexte, les deux limogeages interviennent alors que le gouvernement guinéen affiche depuis plusieurs années la lutte contre la corruption et la transparence administrative parmi ses priorités. Le portail officiel du gouvernement présente ces objectifs aux côtés de la réconciliation nationale, de la refondation de l’État et de l’inclusion.

Un troisième départ à la présidence

La soirée du 21 août ne s’est pas limitée aux deux changements ministériels. Un autre décret a mis fin aux fonctions de Mahamadou Abdoulaye Diallo, conseiller à la présidence chargé de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.

Le même jour, le pouvoir guinéen a aussi annoncé des sanctions visant Algassimou Diallo, ancien avocat général près la Cour suprême. Il a été déchu de son grade de Commandeur et radié de la magistrature, selon les informations publiées vendredi.

Ces décisions successives interviennent alors que les autorités guinéennes cherchent à renforcer les mécanismes de contrôle de l’action publique. L’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance indique que la corruption coûterait à la Guinée plus de 500 milliards de francs guinéens par an en pots-de-vin.

À ce stade, les autorités n’ont pas communiqué les raisons précises ayant conduit au départ de Mory Condé et Mourana Soumah. Toute attribution de faits répréhensibles aux deux anciens ministres resterait donc non établie.

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