Guinée : cinq enfants d'une même famille emportés par l'éboulement de la décharge de Dar-es-Salam

Cinq enfants d’une même famille figurent parmi les victimes de l’éboulement survenu à Conakry. Mariama Ciré Kallo a vu ses cinq enfants emportés dans l’effondrement d’une partie de la décharge de Dar-es-Salam, selon des informations relayées par Le Révélateur 224.

Le drame s’est produit vers 3 heures du matin dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août, dans la commune de Gbessia, après de fortes pluies. Une partie de la montagne de déchets s’est effondrée sur des habitations situées en contrebas du site, surprenant leurs occupants en plein sommeil.

Un bilan de 30 morts confirmé par le gouvernement

Le gouvernement guinéen a fait état, dans un communiqué, de 30 morts et de 22 blessés, dont six dans un état grave. Certaines sources locales, dont Les 4 Vérités, évoquent un bilan provisoire porté à 31 décès, plusieurs personnes restant portées disparues dimanche.

Les secours ont mobilisé d’importants moyens humains et matériels pour rechercher d’éventuelles personnes encore ensevelies. La Croix-Rouge, les forces de défense et de sécurité ainsi que des équipes médicales ont participé aux opérations, qui se sont poursuivies tout au long de la journée de dimanche.

Un témoin, Robert Kamano Sâa, a rapporté à Africanews qu’un premier affaissement avait poussé des riverains à monter sur le tas de déchets pour chercher d’éventuels survivants, avant qu’une seconde section ne cède à son tour, en plusieurs vagues successives, emportant les personnes présentes sur place.

Une fermeture annoncée quatre jours avant le drame

Le site, plus grande décharge à ciel ouvert de la capitale guinéenne, devait fermer ce même dimanche. Le ministère de l’Urbanisme avait publiquement reconnu, dès le 18 août, que la décharge présentait des risques d’éboulement, de glissement de terrain et de pollution pour les populations riveraines, selon Le Révélateur 224. La fermeture définitive avait été actée le 20 août.

Un officier du Génie militaire chargé de la sécurisation du site a indiqué que le ministre s’était rendu sur place trois jours avant la catastrophe pour désigner la zone à risque et exiger le départ des occupants. Des ordres d’évacuation avaient été transmis aux riverains dans les jours précédant le drame, mais une partie d’entre eux se trouvait toujours sur les lieux au moment de l’effondrement. Le site recevait jusqu’à 2 000 tonnes de déchets par jour, selon les estimations du ministère de tutelle. Un précédent éboulement meurtrier s’était déjà produit sur le même site le 22 août 2017, faisant une dizaine de morts.

Depuis son exil, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo a demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’éboulement et que les responsabilités soient établies. Le coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée, Abdoul Sacko, a lui aussi réclamé l’ouverture d’une enquête. Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu sur les lieux dès dimanche matin, accompagné de plusieurs membres du gouvernement.

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