Haïti : le bilan de l'attaque de gang à Kenscoff grimpe à 42 morts, un chiffre encore incertain

Le bilan des morts dans l’attaque de gang contre Kenscoff a atteint 42 personnes, selon la radio locale Tele Galaxie citée par l’agence russe TASS lundi. Ce chiffre dépasse celui communiqué plus tôt dans la journée par le maire de la commune, qui évoquait au moins 30 victimes auprès de Reuters.

Des maisons ont été incendiées et plusieurs habitants tués dans cette localité agricole des hauteurs dominant Port-au-Prince, entre dimanche soir et lundi matin, par des hommes armés. Le maire Jean Massillon a expliqué qu’il restait encore impossible d’établir un bilan définitif, en raison des difficultés d’accès et des problèmes de communication sur place.

Un bilan qui varie selon les sources

L’organisation haïtienne de défense des droits humains RNDDH a de son côté avancé une fourchette de 30 à 40 morts et 15 à 20 blessés lors de ce raid nocturne, débuté vers 22h30 heure locale. L’organisation a averti qu’il demeurait difficile d’établir un décompte complet des victimes.

Un agriculteur de 41 ans, Mathurin Pierre, a rapporté à l’Associated Press avoir perdu 14 proches dans l’attaque, un nombre indéterminé de personnes restant portées disparues. Des habitants ont tenté de renverser un véhicule pour bloquer une rue, en signe de protestation contre l’inaction des forces de l’ordre.

Le Premier ministre haïtien a qualifié l’attaque d’odieuse dans un communiqué publié lundi après-midi, assurant que les renforts de sécurité étaient déployés sur zone. Les autorités ont attribué l’assaut à la coalition criminelle Viv Ansanm, classée organisation terroriste étrangère par le gouvernement américain l’an dernier.

Une commune ciblée depuis un an et demi

Kenscoff occupe une position stratégique, surplombant les axes menant à Pétion-Ville, où se trouvent plusieurs ambassades et le siège provisoire du gouvernement. La commune subit des attaques répétées depuis environ dix-neuf mois : une offensive menée fin janvier 2025 dans les localités de Belot et Godet avait déjà fait au moins 50 morts et 3 000 déplacés, selon un bilan de l’époque. Début juillet 2026, des gangs avaient de nouveau frappé la localité de Robin, à Kenscoff, tuant plusieurs habitants et incendiant des maisons, sans qu’un bilan officiel n’ait pu être établi.

Une violence qui s’étend à l’échelle nationale

Selon les Nations unies, plus de 3 100 personnes ont été tuées en Haïti au cours des six premiers mois de l’année, majoritairement dans des violences liées aux gangs. Cette nouvelle attaque survient alors que le pays espère organiser ses premières élections générales depuis plus d’une décennie. Une force de suppression des gangs, soutenue par l’ONU, doit atteindre une capacité de plus de 5 500 hommes d’ici l’automne.

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