Il avait inventé un téléphone sans SIM à 19 ans : que devient Simon Petrus aujourd'hui ?

Simon Petrus a obtenu un diplôme d’ingénieur en électronique le 8 septembre 2023, sept ans après avoir inventé un téléphone fonctionnant sans carte SIM. Le jeune homme, originaire du village d’OshitishaHaihonya dans la région d’Ohangwena, a bouclé cette formation de trois ans au Windhoek Vocational Training Centre, selon les informations rapportées par le journal namibien Namibian Sun.

Une invention née sur les bancs du lycée

Le projet avait germé bien avant la reconnaissance internationale. « J’ai commencé ce projet en classe de 11e et je l’ai terminé l’année suivante, en classe de 12e », a expliqué Petrus au quotidien namibien. À l’époque élève à l’Abraham Iyambo Senior Secondary School, l’adolescent avait assemblé son appareil à partir de pièces récupérées sur de vieux téléviseurs et téléphones. L’appareil captait les appels via des fréquences radio, sans nécessiter ni carte SIM ni crédit de communication, et intégrait également une fonction télévision. Ses parents, sans emploi, avaient financé le projet à hauteur de près de 2000 dollars namibiens.

L’invention avait valu à son auteur une médaille lors d’un concours scolaire national en Namibie, avant de se propager sur les réseaux sociaux à l’échelle du continent puis à l’international, où elle avait été comparée à un smartphone conventionnel — l’appareil fonctionnant davantage comme un système de radiocommunication amélioré, destiné à renforcer la couverture dans les zones rurales mal desservies.

Un diplôme obtenu, un emploi qui manque toujours

Le parcours vers l’université n’a pas été linéaire. Petrus a dû passer par le Namibian College of Open Learning pour améliorer ses résultats scolaires avant de pouvoir intégrer sa formation d’ingénieur. Une fois diplômé, la situation professionnelle reste précaire : il effectue aujourd’hui des réparations électroniques ponctuelles pour subvenir à ses besoins, faute d’emploi stable dans son domaine.

Interrogé sur le soutien apporté aux jeunes inventeurs namibiens, il s’est montré critique envers les pouvoirs publics : « Je ne pense pas que les gouvernements soutiennent réellement les jeunes innovateurs ; ils le font de manière formelle, mais ils ne nous aident pas à faire évoluer nos inventions », a-t-il déclaré à Namibian Sun.

Un projet encore sans débouché commercial

Le téléphone sans SIM n’a, à ce jour, jamais été développé à plus grande échelle ni commercialisé, malgré l’intérêt manifesté par plusieurs entreprises étrangères au moment de sa présentation. Petrus affirme continuer à travailler sur des projets plus ambitieux que celui de 2016, sans en préciser la nature.

Son histoire rejoint celle d’autres jeunes inventeurs africains ayant conçu des technologies à partir de matériaux recyclés : le Malawite William Kamkwamba avait construit une éolienne de fortune pour alimenter la maison familiale, tandis que le Sierra-Léonais Kelvin Doe avait fabriqué ses propres batteries et une station de radiodiffusion artisanale. Comme pour Petrus, ces initiatives avaient suscité une large attention médiatique sans toujours déboucher sur un accompagnement structuré ou un financement pérenne.

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