Trois confédérations continentales ont rejeté le projet de vente d’actifs de la Coupe du monde porté par Gianni Infantino. L’UEFA, la Concacaf et l’AFC représentent ensemble 143 fédérations membres de la FIFA, soit largement plus que la majorité simple de 106 voix nécessaire pour destituer le président.
Un projet retiré dans l’urgence
Le dirigeant italo-suisse a annoncé l’abandon de son plan, baptisé FIFA Future Enterprise, dans la nuit de vendredi à samedi. Ce dispositif prévoyait de céder 20 % du capital de l’entité organisatrice du Mondial à un fonds d’investissement américain, Thrive Capital, fondé par Joshua Kushner, dont le frère est marié à la fille de Donald Trump. Selon un document de présentation de la banque J.P. Morgan Chase consulté par Eurosport, l’opération aurait aussi ouvert la voie à une multiplication des compétitions organisées par la FIFA.
Le retrait du projet n’a pas éteint la contestation. Samedi, l’UEFA a publié un communiqué dénonçant des « stratagèmes secrets et des délais accélérés ». L’instance présidée par Aleksander Čeferin y affirme avoir perdu confiance dans la direction actuelle de la fédération mondiale.
Un ultimatum entre démission et vote de défiance
Selon des informations du Telegraph, l’UEFA aurait posé un choix à Infantino : quitter ses fonctions volontairement ou se soumettre à un vote des fédérations membres. Le règlement de la FIFA prévoit qu’un cinquième des associations, soit 43 sur 211, peut exiger la convocation d’un Congrès extraordinaire. Un tel vote se jouerait ensuite à la majorité simple parmi les 211 fédérations.
Deux confédérations n’ont pour l’instant pris aucune position officielle : la CAF africaine et la Conmebol sud-américaine. Cette dernière a publié un communiqué prudent, intitulé « Le football d’abord », annonçant l’ouverture de consultations avec ses dix fédérations membres sans trancher sur le fond. L’OFC océanienne reste également silencieuse, même si plusieurs observateurs la considèrent proche des positions européenne et asiatique.
Une élection déjà programmée en 2027
Infantino est actuellement seul candidat déclaré à sa propre succession, un scrutin prévu en mars 2027. Depuis son élection à la tête de la FIFA en février 2016, où il avait recueilli 115 voix sur 207 fédérations votantes, il n’avait encore jamais fait face à une fronde d’une telle ampleur de la part des instances continentales. Son conseiller ayant siégé à un panel de la Maison-Blanche a par ailleurs démissionné dans la foulée de la polémique, selon ESPN.
La Fédération anglaise de football a publiquement apporté son soutien à la position européenne. L’issue de ce bras de fer dépendra désormais des décisions à venir de la CAF, de la Conmebol et de l’OFC, dont les positions pourraient faire basculer le rapport de force au sein de l’instance mondiale.



