Plusieurs fédérations de l’UEFA font pression sur Nasser Al-Khelaïfi pour qu’il se présente contre Gianni Infantino à l’élection présidentielle de la FIFA, prévue en mars 2027 à Rabat. Le dirigeant qatari, également président du Paris Saint-Germain, est désormais considéré comme l’option privilégiée du camp européen pour contester un troisième mandat du Suisse.
Une rupture de confiance née pendant le Mondial 2026
Le point de rupture s’est joué en cours de tournoi. Une commission d’appel interne à la FIFA a levé la sanction pesant sur l’attaquant américain Folarin Balogun, quelques jours après un appel téléphonique de Donald Trump à Infantino réclamant ce réexamen. La Belgique, adversaire des États-Unis en quart de finale, a contesté sans succès cette décision devant l’instance. L’UEFA a dénoncé une limite franchie ; son président Aleksander Čeferin a boudé la cérémonie finale du tournoi. La Fédération norvégienne a depuis saisi le Comité d’éthique de la FIFA.
Un projet financier contesté s’ajoute aux griefs
Au-delà de l’arbitrage, un second dossier attise les tensions : la création d’une structure commerciale adossée à la FIFA, chargée d’organiser la Coupe du monde et destinée à vendre une partie de ses parts à des investisseurs privés. Selon des informations rapportées par plusieurs médias, ce montage générerait plusieurs dizaines de millions de livres au bénéfice personnel d’Infantino, qui pourrait en prendre la présidence une fois son mandat à la FIFA achevé en 2031.
Le nom d’Al-Khelaïfi s’est imposé comme option de rechange dans ce climat, Čeferin ayant lui-même écarté l’idée de briguer la présidence mondiale pour rester à la tête de l’UEFA. Le président du PSG dirige déjà l’organisation représentant les grands clubs européens et siège au comité exécutif de l’UEFA depuis 2019. Son réseau s’étend en Asie via le statut du Qatar et dans les médias à travers sa présidence du groupe beIN Media.
Une candidature qui impliquerait d’abandonner plusieurs mandats
Une accession à la présidence de la FIFA obligerait Al-Khelaïfi à quitter simultanément la direction du PSG, celle de l’association des clubs européens et ses fonctions chez beIN. Faute de meilleure alternative côté européen, un autre nom circule en dernier recours : Dariusz Mioduski, président du club polonais Legia Varsovie, qui disposerait déjà d’appuis en Espagne, en Allemagne et dans les pays scandinaves.
Un proche du dirigeant qatari a toutefois tempéré ces sollicitations, qualifiant les rumeurs de simple « bruit médiatique » et assurant qu’Al-Khelaïfi « n’a aucune ambition » de rejoindre la FIFA. Cette réserve laisse planer une incertitude sur l’issue de la manœuvre européenne.
Infantino conserve pour l’instant un socle électoral solide en Afrique et en Asie, où ses promesses d’élargissement des compétitions — un Mondial à 64 équipes, une Coupe du monde des clubs biennale — ont trouvé un écho favorable. Élu une première fois en 2016 après le scandale du Fifagate qui avait emporté plusieurs cadres de l’instance, le Suisse brigue en 2027 un troisième mandat plein, malgré une procédure pénale récemment ouverte contre lui en Suisse pour soupçon de collusion avec le parquet fédéral.



