De nouvelles sanctions économiques contre l’Iran entreraient en vigueur dès la semaine du 17 août 2026, selon les déclarations du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. Ces mesures viendraient s’ajouter à un arsenal déjà conséquent : environ 2 200 sanctions ont été imposées à Téhéran depuis 2018, selon les calculs de Jeremy Paner, avocat spécialisé chez Hughes Hubbard & Reed, cités par le magazine américain Fortune.
Une stratégie de pression économique privilégiée
Six mois après le déclenchement du conflit entre les deux pays en février 2026, Washington miserait davantage sur les leviers financiers que sur l’option militaire pour faire plier Téhéran. Des difficultés d’approvisionnement en munitions du côté américain, ainsi qu’une lassitude croissante de l’opinion publique face à un conflit prolongé, expliqueraient cette orientation, selon Bloomberg.
Donald Trump a affirmé, dans un entretien accordé à Fox News, que son administration s’apprêtait à frapper durement l’économie iranienne, précisant ne pas se soucier d’un éventuel règlement du conflit avant les élections de mi-mandat de novembre aux États-Unis. La veille, Scott Bessent avait annoncé des mesures jamais vues contre Téhéran.
Un blocus naval déjà en place
Depuis le début du conflit, les autorités américaines ont multiplié les sanctions maritimes, énergétiques et financières, tout en instaurant un blocus naval visant les exportations pétrolières iraniennes. Le bureau du Trésor chargé du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a sanctionné plus de 1 000 personnes, navires et aéronefs depuis le début du second mandat de Donald Trump, selon les données consultées par Reuters.
Chine resterait le principal acheteur du pétrole iranien, absorbant plus de 80 % des exportations maritimes du pays selon la société d’analyse Kpler. Le Trésor américain aurait averti deux grandes banques chinoises qu’elles s’exposaient à des sanctions secondaires si des fonds liés à l’Iran transitaient par leurs circuits financiers, sans toutefois les avoir formellement désignées à ce stade.
Une législation en attente au Congrès
Le Sénat américain a adopté un projet de loi élargissant les sanctions contre la Russie, incluant de nouvelles mesures visant l’Iran ainsi que des pouvoirs tarifaires supplémentaires pour le président. Ce texte doit encore être examiné par la Chambre des représentants, où certains élus démocrates et républicains expriment des réserves sur les dispositions douanières qu’il contient.
Le régime iranien resterait pour l’instant inflexible face à cette pression économique cumulée. Un responsable du cabinet de conseil Blackstone Compliance Services, cité par Fortune, a jugé que le régime est solidement établi. La stratégie des sanctions n’aurait jusqu’ici permis ni d’obtenir de concessions sur le programme nucléaire iranien, ni de lever le contrôle exercé par Téhéran sur le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial depuis les années 1980, période des premières tensions entre les deux pays dans cette zone.
La crise économique iranienne s’est aggravée sur le plan intérieur : l’inflation avait atteint 48,6 % en octobre 2025, avant de redescendre à 42,2 % en décembre de la même année, selon les données disponibles sur la situation économique du pays.
