Kiev a de nouveau été frappée par des missiles russes dans la nuit du 19 au 20 août, quelques heures après que l’Ukraine a confirmé avoir touché un centre spatial stratégique en profondeur du territoire russe. Selon des journalistes du Kyiv Independent présents sur place, plus de dix explosions ont retenti dans la capitale ukrainienne peu après minuit.
Quatre quartiers touchés simultanément
Les déflagrations ont été entendues dans les quartiers de Sviatoshynskyi, Solomianskyi, Shevchenkivskyi et Darnytskyi, provoquant des tremblements dans les habitations et le déclenchement d’alarmes de voitures. L’armée de l’air ukrainienne a signalé l’arrivée simultanée de missiles balistiques et de missiles Zircon, ces derniers tirés depuis l’oblast russe de Koursk.
Dans le district de Solomianskyi, des débris sont tombés à proximité d’un immeuble résidentiel de cinq étages, brisant des fenêtres et déclenchant un incendie, selon le maire de Kiev Vitali Klitschko. Un bâtiment appartenant à un hôpital pédiatrique du même quartier a également été endommagé, avec des fenêtres brisées et des véhicules incendiés sur le terrain de l’établissement. Des bâtiments non résidentiels ont par ailleurs été touchés dans les quartiers de Sviatoshynskyi et de Darnytskyi. Aucun bilan de victimes n’avait été communiqué au moment de la publication de cet article, susceptible d’évoluer. Cette attaque intervient dans un contexte de pénurie persistante de systèmes Patriot côté ukrainien, seul dispositif capable d’intercepter les missiles balistiques russes.
Une frappe ukrainienne sur un site spatial russe la veille
Cette attaque survient au lendemain d’une confirmation officielle de l’État-major général ukrainien, qui a validé, le 19 août, avoir touché le centre spatial Progress à Samara, à environ 900 kilomètres de la frontière ukrainienne. L’attaque du 15 août avait provoqué un incendie s’étendant sur près de 5 000 mètres carrés sur ce site, qui fabrique les moteurs des lanceurs Soyouz utilisés notamment pour la constellation satellitaire militaire russe Rassvet.
Kiev avait revendiqué l’usage de missiles de croisière Flamingo, produits sur son propre territoire, pour mener cette opération. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié ce site d' »entreprises clés » de l’agence spatiale russe Roscosmos, également impliquée dans la production d’électronique militaire.
Une escalade réciproque des frappes longue portée
Les deux camps ont multiplié les attaques en profondeur ces dernières semaines. Selon les données du centre de surveillance des conflits ACLED, l’Ukraine a mené trois fois plus de frappes à longue portée en juillet 2026 qu’en janvier de la même année. Le ministère russe de la Défense a de son côté revendiqué avoir intercepté 598 drones ukrainiens en une seule nuit à la mi-août, sur 19 régions ainsi qu’au-dessus de la Crimée annexée et des mers Noire et d’Azov.
Cette dynamique s’accompagne d’une hausse continue de la fréquence et de l’ampleur des frappes russes sur la capitale ukrainienne, la ville ayant déjà subi plusieurs attaques massives depuis le début du mois d’août.
