Les Houthis lancent une attaque meurtrière contre des camps militaires à Hadramout et Marib

Des dizaines de soldats yéménites ont péri dans des frappes de missiles visant deux bases militaires ce jeudi. Les tirs ont touché des camps situés dans les gouvernorats de Hadramout et Marib, selon des sources gouvernementales citées par Al Jazeera.

Un bilan qui varie selon les sources

Au moins 30 militaires ont été tués et 15 autres blessés dans ces attaques, d’après des responsables gouvernementaux yéménites. Un autre bilan, rapporté par The National, évoque plus de 45 morts et concerne des camps rattachés aux Première et Troisième Divisions d’urgence, des unités soutenues par l’Arabie saoudite. Les rebelles houthis, via leur porte-parole militaire Yahya Saree, revendiquent de leur côté avoir fait des centaines de victimes et détruit dépôts d’armes et véhicules militaires.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Ces frappes constituent l’escalade la plus violente depuis 2022 dans le conflit opposant les Houthis, soutenus par l’Iran, aux forces gouvernementales yéménites. L’organisation appelle par ailleurs les combattants alliés à Riyad à quitter leurs positions et rentrer chez eux, selon une déclaration attribuée à son porte-parole militaire.

Une ambassade américaine dénonce les frappes

L’ambassade des États-Unis au Yémen a présenté ses condoléances aux familles des soldats tués. Elle qualifie les attaques houthies de lâches dans un communiqué, y voyant une nouvelle manifestation de violence contre la population yéménite.

Ces frappes surviennent après plusieurs semaines de tensions croissantes entre les Houthis et Riyad. Fin juillet, le mouvement avait déjà revendiqué des tirs de missiles et de drones contre des installations pétrolières appartenant au groupe Aramco, dans les villes saoudiennes de Jizan et Yanbu. Ces attaques avaient été présentées comme des représailles à des bombardements saoudiens sur le port de Hodeida, contrôlé par les rebelles.

Un conflit vieux de plus d’une décennie

La guerre civile au Yémen oppose depuis 2014 les rebelles houthis, issus de la minorité zaïdite du nord du pays, au gouvernement reconnu par la communauté internationale, appuyé militairement par une coalition menée par l’Arabie saoudite depuis 2015. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde selon les Nations unies.

Les combats s’étaient relativement apaisés ces dernières années sous l’effet d’une trêve informelle, avant de reprendre de l’intensité avec l’élargissement du conflit régional impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis depuis le début de l’année 2026. Les Houthis avaient relancé leurs tirs de missiles balistiques contre Israël fin mars, mettant fin à une pause observée depuis le cessez-le-feu à Gaza fin 2025.

L’escalade actuelle entre les Houthis et les forces pro-saoudiennes intervient alors que Téhéran fait l’objet de critiques répétées pour son soutien présumé au mouvement rebelle. Aucun bilan définitif et consolidé des pertes militaires de jeudi n’a pour l’heure été communiqué par une source indépendante.

Laisser un commentaire