Trois phases distinctes composent un plan militaire élaboré par l’OTAN pour répondre à une éventuelle offensive russe dans les pays baltes. Le quotidien allemand Bild a révélé ce document le 18 août, baptisé « NATO Land Warfighting Concept« .
Un document piloté par un officier américain
Le major américain Andrew Pingrey aurait supervisé la rédaction de cette stratégie d’urgence, selon les informations rapportées par Bild. Le texte détaille une chronologie précise de riposte, conçue pour être déclenchée rapidement en cas d’agression contre un ou plusieurs membres baltes de l’Alliance.
Selon le quotidien allemand, la première phase vise à neutraliser la capacité russe à mener des frappes massives par drones et missiles balistiques sur le sol européen. Chasseurs, missiles et drones de l’Alliance seraient mobilisés pour détruire les systèmes d’armement adverses, avec une attention particulière portée à l’enclave de Kaliningrad, considérée comme un point d’appui stratégique pour Moscou dans la région.
Une zone tampon surveillée par des machines
D’après le document consulté par Bild, la deuxième phase du plan consiste en l’installation d’une zone de combat autonome le long des frontières séparant l’Alliance de la Russie et de la Biélorussie. Cet espace ne serait pas occupé en permanence par des troupes au sol : le journal allemand précise que des drones aériens, des véhicules terrestres sans pilote et divers systèmes automatisés y seraient déployés pour ralentir ou bloquer toute progression de forces russes. Cette zone ferait ainsi office de barrière entre les deux camps.
La troisième étape franchirait la frontière russe elle-même. Le quotidien indique que des drones et des unités spéciales entraînées à cet effet pourraient être engagés pour frapper des bases militaires et des lignes de ravitaillement en territoire russe. Plusieurs aérodromes et infrastructures logistiques y auraient déjà été répertoriés comme cibles prioritaires, précise le journal, sans que ces éléments n’aient été confirmés par l’Alliance elle-même.
Une stratégie qui prolonge une doctrine ancienne
Cette architecture en trois temps s’ajoute à une série de mesures déjà engagées par l’Alliance atlantique, qui désigne officiellement la Russie comme sa principale menace depuis l’adoption de son concept stratégique en 2022. Renforcement des budgets de défense, présence militaire accrue sur le flanc oriental, exercices conjoints répétés : l’organisation a multiplié ces dernières années les dispositifs destinés à dissuader Moscou d’une action directe contre l’un de ses membres.
Plusieurs responsables militaires occidentaux ont récemment avancé un calendrier précis. Selon des évaluations relayées par le Wall Street Journal, les services de renseignement américains estiment qu’une attaque russe limitée contre un pays de l’Alliance pourrait survenir entre l’automne 2026 et 2029, sous forme de cyberattaque massive ou d’incursion terrestre contrôlée destinée à tester l’article 5. Des officiers de plusieurs états-majors européens ont formulé des mises en garde similaires, évoquant une fenêtre de vulnérabilité liée à l’état des stocks de munitions occidentaux.
L’article 5 du traité de l’Atlantique Nord, qui fonde le principe de défense collective, n’a été invoqué qu’une seule fois dans l’histoire de l’Alliance, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Ce précédent montre le caractère qu’aurait l’activation d’un tel plan dans les pays baltes. Ni l’OTAN ni le ministère de la Défense russe n’ont commenté publiquement l’existence de ce document au moment de la publication de ces informations.



