Malgré des OQTF, deux Algériens comparaissent pour des agressions à l'arme blanche en France

Un homme a menacé sa victime avec un couteau à Longueau, dans la Somme, quelques jours après qu’un autre a blessé la sienne avec un cutter dans l’Ain. Les deux agresseurs, de nationalité algérienne, faisaient l’objet d’une obligation de quitter le territoire français restée sans effet.

Un vol qui tourne à la violence dans la Somme

À Longueau, Ali Ammar, 42 ans, dérobe deux téléphones et un portefeuille dans un véhicule avant d’être surpris par le propriétaire, qui parvient à le maîtriser au sol. Pour se libérer, il sort un couteau ; la victime s’en tire avec une légère blessure au bras. Devant les enquêteurs, le mis en cause conteste toute agression, affirmant que son adversaire se serait blessé lui-même pour l’accuser à tort. Le tribunal l’a condamné le 10 août à un an de prison ferme avec mandat de dépôt. Ammar avait déjà écopé en 2022 d’une interdiction du territoire français de dix ans.

Une altercation dégénère dans l’Ain

À Montréal-la-Cluse, un homme de 48 ans comparaît le 7 août en comparution immédiate pour avoir blessé une personne lors d’une altercation. Selon les informations rapportées par Le Progrès, les faits se déroulent le 27 juillet en fin de journée : sous l’emprise de l’alcool, l’individu s’en prend à sa victime avec un cutter, avant d’endommager un véhicule des sapeurs-pompiers venus porter secours sur place. Le tribunal ordonne son placement en détention provisoire et renvoie l’affaire à octobre, dans l’attente d’une expertise psychiatrique. Il restait lui aussi en France malgré une OQTF le visant.

Un dispositif d’éloignement peu appliqué

Les deux dossiers relancent la question du faible taux d’exécution des mesures d’éloignement. D’après des données parlementaires relayées par plusieurs rédactions, la France prononce environ 130 000 OQTF chaque année, mais moins de 15 000 sont réellement mises à exécution, soit un taux proche de 10 %. La difficulté tient en partie au refus de certains pays d’origine, dont l’Algérie, de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires au retour de leurs ressortissants. Une loi entrée en vigueur le 29 juillet 2026, validée par le Conseil constitutionnel le 23 juillet, a porté à 210 jours la durée maximale de rétention administrative — mais uniquement pour les étrangers condamnés pour terrorisme ou des crimes passibles d’au moins cinq ans de prison, un seuil que ne franchissent pas les deux affaires jugées cette semaine.

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