AES : un élu américain veut des sanctions ciblées contre des responsables sécuritaires

Le représentant démocrate James P. McGovern a adressé une lettre au secrétaire d’État Marco Rubio le 12 août, réclamant des sanctions ciblées contre des responsables sécuritaires du Sahel central. Le texte demande à l’administration américaine de placer les droits humains et la protection des civils au centre de sa politique envers le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Les demandes formulées dans la lettre

Co-président de la commission Tom Lantos sur les droits humains, McGovern s’appuie sur des témoignages recueillis lors d’une audition parlementaire tenue le 14 mai à Washington, consacrée aux violences subies par les populations civiles dans la région. Sa lettre affirme que les forces de sécurité du Sahel central « ont elles-mêmes été impliquées » dans des violations généralisées du droit humanitaire international.

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L’élu demande au département d’État de conditionner l’aide américaine au respect du droit international humanitaire, d’envisager des sanctions au titre du Global Magnitsky Act, et de justifier toute levée de sanctions existante. Il réclame également une évaluation des risques d’atrocités, la libération de personnalités politiques et de journalistes détenus, ainsi qu’une hausse de l’aide humanitaire.

Un revirement de la diplomatie américaine

Selon le site spécialisé Semafor, cette lettre intervient alors que l’administration Trump multiplie depuis plusieurs mois les gestes d’ouverture envers les autorités des trois pays. Le responsable du département d’État chargé des Affaires africaines, Nick Checker, s’est rendu au Mali en février puis au Burkina Faso et au Niger en mars, une démarche qu’il présente lui-même comme relevant d’une « coopération pragmatique » devant, selon lui, laisser place à une transition démocratique à terme.

Le média américain The Africa Report relie également ce rapprochement à la recherche d’un missionnaire américain porté disparu, Kevin Rideout, ce qui aurait accéléré les tentatives de renouer le dialogue avec Bamako, Ouagadougou et Niamey. Ce dernier vient d’être libéré au Niger et serait même en route vers les USA.

En février, Washington a levé les sanctions visant le ministre malien de la Défense Sadio Camara, accusé d’avoir collaboré avec le groupe paramilitaire russe Wagner. Un rapport de l’ONU avait imputé à l’armée malienne et à des combattants étrangers la mort d’au moins 500 personnes lors d’une opération menée en 2022 dans la ville de Moura, une accusation démentie par les autorités maliennes.

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