Sept aides-soignants ont perdu leur emploi la semaine dernière dans un établissement de Westchester, près de New York. Tous étaient haïtiens et venaient de perdre leur autorisation de travail après la fin du programme fédéral qui protégeait leur séjour aux États-Unis.
Une décision de la Cour suprême aux effets immédiats
La Cour suprême des États-Unis a validé le 25 juin la décision de l’administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Ce statut, créé après le séisme de 2010, couvrait environ 350 000 personnes à travers le pays, dont près de 7 000 dans l’État de New York occupant des postes d’aides-soignants ou d’auxiliaires de vie, selon le groupe FWD.us. Les protections ont pris fin le 27 juillet.
À la maison de retraite Cabrini, dans le comté de Westchester, la responsable des ressources humaines Simone Smith a confirmé que les sept employés licenciés effectuaient l’essentiel des tâches quotidiennes auprès des résidents. Selon elle, leur départ laisse un vide dans le personnel qu’il sera difficile de combler, l’établissement peinant déjà à recruter dans un secteur peu attractif.
Les établissements new-yorkais interpellent la Maison Blanche
Plusieurs maisons de retraite de l’État réclament un geste de l’administration fédérale pour limiter les conséquences de cette décision sur les soins aux personnes âgées. Elles évoquent des répercussions jugées disproportionnées par rapport à l’objectif affiché de la mesure, à savoir mettre fin à un dispositif jugé détourné de sa vocation initiale.
L’administration fédérale justifie sa position en rappelant que le TPS n’a jamais été destiné à devenir une amnistie de facto permettant aux étrangers de rester indéfiniment sur le territoire. Le département de la Sécurité intérieure indique que la fin du programme constitue un retour à son usage prévu à l’origine, une protection strictement temporaire.
Un secteur déjà fragilisé par le manque de personnel
Les immigrés représentent environ 30 % des travailleurs du secteur des soins directs aux États-Unis, selon une étude publiée en juillet par la fondation KFF. Cette proportion serait particulièrement élevée dans l’État de New York. Au niveau national, entre 13 000 et 21 000 aides-soignants et auxiliaires de vie seraient concernés par la fin du TPS haïtien, d’après plusieurs organisations, dont Americans for Immigrant Justice.
Plusieurs élus new-yorkais, y compris certains républicains, ont exprimé leur inquiétude face aux conséquences attendues sur l’accès aux soins. La procureure générale de l’État, Letitia James, avait auparavant codirigé une coalition de dix-neuf procureurs généraux demandant à la Cour suprême de maintenir les protections, en arguant qu’y mettre fin menacerait la santé publique et les économies locales.
Aucune décision fédérale n’a pour l’instant été annoncée en réponse aux demandes des établissements de santé new-yorkais. Certains organismes, dont LeadingAge, plaident pour l’adoption par le Sénat d’un texte déjà voté par la Chambre des représentants, qui prévoirait trois années supplémentaires de protection pour les ressortissants haïtiens concernés.



