Mondial 2030 : Le Maroc met l’Espagne sous pression et menace de revoir des contrats

Le Maroc pourrait revoir l’attribution de futurs marchés à des entreprises espagnoles si la contestation politique contre sa participation au Mondial 2030 se poursuivait en Espagne. Aucun contrat existant n’a été officiellement remis en cause, mais cette possibilité donne une dimension économique au bras de fer autour du tournoi.

Des milliards d’euros de projets concernés

Les entreprises espagnoles sont fortement présentes sur le marché marocain. Les échanges commerciaux entre les deux pays dépassent 22,5 milliards d’euros par an, avec un excédent de plus de 3 milliards d’euros en faveur de Madrid. Les exportations espagnoles vers le royaume ont encore progressé de près de 6 % en 2024.

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Plusieurs groupes espagnols participent déjà à des projets liés aux infrastructures marocaines. Acciona, associé à Green of Africa et Afriquia Gaz, dirige le chantier de la future usine de dessalement de Casablanca. L’investissement est estimé à environ 613 millions d’euros. Le ferroviaire représente un autre marché majeur. Le constructeur espagnol CAF a obtenu auprès de l’Office national des chemins de fer marocains un contrat portant sur 40 trains interurbains.

Le financement espagnol atteint 754,3 millions d’euros. Madrid avait présenté cette opération comme une contribution à la modernisation du réseau ferroviaire marocain avant le Mondial 2030. Le programme ferroviaire est encore plus vaste. L’ONCF prévoit l’acquisition de 168 trains pour accompagner la modernisation du réseau. L’enveloppe globale annoncée atteint 29 milliards de dirhams, avec plusieurs constructeurs internationaux impliqués.

La participation du Maroc au Mondial contestée en Espagne

Le contexte politique complique cette relation économique. Plusieurs formations politiques espagnoles contestent désormais la place du Maroc dans l’organisation de la Coupe du monde 2030. Par exemple, les partis Sumar et Vox ont demandé que la participation marocaine au tournoi soit remise en question. Leurs arguments diffèrent, mais leurs initiatives ont un point commun : elles cherchent à modifier ou à remettre en cause le dispositif actuel associant le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

Le gouvernement espagnol n’a toutefois pas annoncé de changement de position. La candidature commune des trois pays reste officiellement maintenue. Pour le Maroc, l’enjeu dépasse largement l’organisation des rencontres. Le pays prépare d’importants investissements dans les stades, les transports, les infrastructures touristiques et les équipements urbains. Le Mondial doit aussi renforcer son attractivité économique auprès des investisseurs étrangers.

Rabat n’a encore pris aucune sanction

C’est dans ce contexte que la possibilité d’un réexamen de futurs contrats prend une importance particulière. Selon les informations rapportées par la presse espagnole, Rabat pourrait envisager de privilégier d’autres entreprises lors de prochains appels d’offres si la pression politique contre le Maroc se poursuivait.
Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, d’une rupture commerciale. Aucun contrat existant n’aurait été annulé et aucune sanction officielle n’a été annoncée contre les groupes espagnols.

L’enjeu reste pourtant considérable. Le gouvernement espagnol recensait plus de 350 entreprises espagnoles implantées au Maroc en février 2025 et présentait le Mondial 2030 comme une source d’opportunités dans les infrastructures, les transports, la technologie et le tourisme. La compétition pourrait donc avoir des conséquences bien au-delà des terrains. Alors que le Maroc, l’Espagne et le Portugal doivent organiser ensemble le Mondial 2030, les tensions politiques pourraient désormais peser sur les intérêts économiques des entreprises espagnoles au Maroc.

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