Des militaires nigérians ont suivi à Bauchi, au nord du Nigeria, une formation dispensée par des soldats américains, portant sur le pilotage de drones et les soins aux blessés de combat. Le Commandement africain des États-Unis (Africom) a confirmé l’information dans un rapport publié lundi 24 août.
Un sous-officier américain, le sergent Mark Murphy, analyste du renseignement rattaché au 13e bataillon de soutien au combat, a dirigé la session. L’exercice a débuté par environ 45 minutes de cours théorique avant de laisser place à la pratique du pilotage. « Après avoir reçu des instructions sur les commandes de base, les participants ont pu commencer à piloter l’avion eux-mêmes », a-t-il indiqué, cité par Africom.
Un catalogue de formations proposé aux forces nigérianes
Le programme dispensé sur le site de Bauchi ne se limite pas au pilotage de drones. Il comprend des cours de sauvetage au combat, de soins tactiques aux blessés, de familiarisation avec les armes, de camouflage, de traitement et de test de l’eau, ainsi que de neutralisation des explosifs et de tactiques de petites unités. Selon le capitaine Gabriel Feingold, officier logistique de la Force opérationnelle de l’armée américaine pour l’Europe du Sud et l’Afrique, les unités américaines soumettent une liste de thèmes possibles aux responsables nigérians, qui choisissent ensuite les modules jugés prioritaires. Cette méthode évite un programme figé et s’ajuste aux besoins identifiés sur le terrain.
Le sergent Murphy a également évoqué un changement dans les relations entre soldats des deux pays depuis le lancement de ces sessions. « Maintenant, c’est beaucoup plus facile d’interagir avec eux », a-t-il rapporté, précisant que les militaires nigérians reviennent volontiers évoquer les formations suivies. D’autres modules seraient en préparation sur le site.
Une coopération sécuritaire déjà en accélération depuis janvier
Ces sessions de formation à Bauchi s’ajoutent à une série d’initiatives engagées entre Washington et Abuja depuis le début de l’année. Fin décembre, l’armée américaine avait mené une frappe contre des positions liées à l’État islamique dans le nord-ouest du Nigeria. À la mi-janvier, Africom avait annoncé la livraison de matériel militaire au pays, tandis que des discussions étaient engagées avec le constructeur Bell Textron pour l’acquisition de douze hélicoptères d’attaque AH-1Z Viper. Quelques jours plus tard, un premier Groupe de travail conjoint sur la sécurité était officialisé à Abuja, sous la co-présidence du conseiller nigérian à la Sécurité nationale, Nuhu Ribadu, et de la sous-secrétaire d’État américaine Allison Hooker. Une deuxième session s’est tenue à Washington le 12 août, portant notamment sur la coopération militaire bilatérale.
La formation de Bauchi intervient dans le cadre de cette coopération élargie. Les forces américaines y appuient une mission de coopération sécuritaire visant à renforcer la préparation conjointe, les capacités militaires nigérianes et l’interopérabilité entre les deux armées, à travers formation combinée, partage de renseignement et échanges professionnels.
Le Nigeria reste le pays le plus peuplé d’Afrique, avec plus de 230 millions d’habitants, et fait face depuis plus de quinze ans aux insurrections de Boko Haram et de la branche ouest-africaine du groupe État islamique dans le nord-est du pays.
