Pezeshkian appelle à l'unité des musulmans face aux tentatives de division israélo-américaines

Masoud Pezeshkian a accusé Israël et les États-Unis de chercher à retourner les pays du Golfe persique contre l’Iran, dans une déclaration relayée par l’agence de presse iranienne Rokna. Le président iranien a assuré travailler à empêcher ce scénario, tout en reconnaissant l’existence de divergences internes que Washington et Tel-Aviv chercheraient à exploiter.

Une fraternité musulmane érigée en rempart

« Les musulmans sont frères les uns des autres », a déclaré Pezeshkian, précisant que cette conviction ne relevait pas d’un simple slogan. Le chef de l’État a fondé cette position sur les textes religieux, affirmant que le Coran et les enseignements du Prophète imposaient cette solidarité entre courants chiite et sunnite, sans distinction confessionnelle entre les deux branches.

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Cette rhétorique d’unité islamique n’est pas isolée chez le président iranien. Lors d’une rencontre à Téhéran avec le ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi en mai dernier, il avait déjà accusé les mêmes acteurs de vouloir « diviser le monde musulman », présentant l’Iran comme un partenaire attaché à des relations durables avec ses voisins musulmans.

Des divisions internes reconnues publiquement

Le président a admis l’existence de « défis » au sein de l’appareil dirigeant iranien, évoquant des points de vue divergents dont Israël et les États-Unis tireraient profit selon lui. Cette reconnaissance intervient après des tensions rapportées entre la présidence et le commandement du Corps des gardiens de la révolution islamique.

En mars dernier, Pezeshkian avait présenté des excuses publiques aux pays voisins visés par des frappes de représailles iraniennes, une initiative désapprouvée par le Corps des gardiens de la révolution islamique. Le Conseil de direction intérimaire avait ensuite validé l’arrêt des attaques contre ces pays, sauf en cas d’agression directement lancée depuis leur territoire.

Un conflit déclenché en février 2026

Ces déclarations surviennent dans le prolongement de la guerre déclenchée le 28 février 2026 par Israël et les États-Unis contre l’Iran, qui a touché l’ensemble de la région. Les monarchies du Golfe, où vivent d’importantes minorités chiites notamment en Arabie saoudite et à Bahreïn, ont subi des frappes de représailles iraniennes tout en cherchant à préserver un équilibre diplomatique avec Téhéran.

Plusieurs dirigeants du Golfe ont multiplié les appels à la désescalade. Le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, s’était entretenu par téléphone avec le président iranien pour plaider en faveur du « dialogue et de la diplomatie », tout en condamnant une frappe de drones iraniens ayant visé une installation pétrolière omanaise. Les six membres du Conseil de coopération du Golfe ont cherché à peser diplomatiquement pour obtenir une sortie de crise, jugeant limités les bénéfices tirés du conflit engagé par Washington.

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