Sahara : deux élus américains veulent classer le Front Polisario comme organisation terroriste

Les États-Unis pourraient franchir une nouvelle étape dans leur approche du dossier du Sahara occidental. Deux membres de la Chambre des représentants, le républicain Ronny Jackson et le démocrate Josh Gottheimer, ont déposé un projet de loi demandant au secrétaire d’État d’évaluer une éventuelle désignation du Front Polisario comme organisation terroriste étrangère. Le texte a été présenté au Congrès dans le cadre d’une démarche soutenue par des élus des deux principaux partis américains.

Selon le communiqué publié par Ronny Jackson, cette proposition vise à fournir à l’administration américaine les moyens d’examiner les activités du Front Polisario et de décider d’éventuelles mesures si les critères prévus par la législation sont remplis. L’élu affirme que « tous les moyens doivent être mobilisés pour combattre le terrorisme » et protéger les intérêts des États-Unis ainsi que ceux de leurs alliés.

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Des accusations au centre du projet de loi

Dans son communiqué, Ronny Jackson soutient que l’Iran et des groupes qui lui sont liés utiliseraient le Front Polisario pour accroître leur influence en Afrique de l’Ouest. Ces affirmations constituent l’un des principaux arguments avancés pour justifier le dépôt du texte.

De son côté, Josh Gottheimer estime que Téhéran chercherait à renforcer ses réseaux régionaux en s’appuyant sur des organisations alliées. Il affirme que le Front Polisario aurait reçu des drones, des armes et un soutien des Gardiens de la révolution iraniens. Le parlementaire précise toutefois que ces éléments devront être examinés dans le cadre de l’évaluation prévue par le projet de loi avant toute éventuelle désignation. Selon lui, une telle mesure permettrait d’appliquer les dispositifs américains de lutte contre le terrorisme, sur les plans financier et diplomatique.

Une position américaine déjà favorable au Maroc

Cette initiative intervient alors que la politique américaine sur le Sahara occidental a évolué ces dernières années. En décembre 2020, Washington a reconnu la souveraineté du Maroc sur ce territoire, une orientation annoncée par le président Donald Trump et maintenue par les administrations qui lui ont succédé.

Cette ligne diplomatique a été réaffirmée en avril 2025 par le secrétaire d’État Marco Rubio. À cette occasion, le chef de la diplomatie américaine a réitéré le soutien de son pays au plan d’autonomie proposé par le Maroc, qu’il a présenté comme « la seule base » susceptible d’aboutir à un règlement durable du différend.

Le conflit autour du Sahara occidental oppose depuis plusieurs décennies le Maroc et le Front Polisario. Un cessez-le-feu négocié sous l’égide des Nations unies est entré en vigueur en 1991 après des années de combats, mais les tensions ont repris à partir de 2020. Le territoire continue de faire l’objet d’un processus politique suivi par l’ONU, tandis que plusieurs États ont progressivement fait évoluer leur position en faveur de la proposition marocaine d’autonomie.

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