Russie : fuyant Poutine, l'opposant Boris Nadejdine s'installe en France

Boris Nadejdine a quitté le territoire russe et se trouve désormais à Paris, a-t-il annoncé lundi dans une vidéo tournée devant la tour Eiffel. « Je suis vivant et libre. Malheureusement, je ne suis pas en Russie en ce moment », a-t-il déclaré sur sa chaîne Telegram, précisant qu’il devait « prendre ses repères » avant de communiquer sur la suite de ses projets.

Âgé de 63 ans, l’ancien député libéral figurait parmi les rares personnalités politiques à avoir maintenu, depuis l’intérieur du pays, des critiques ouvertes contre Vladimir Poutine et l’offensive militaire russe en Ukraine.

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Une exclusion politique progressive

Le départ de Nadejdine intervient après plusieurs semaines de pression administrative et judiciaire. Le 10 juillet, le ministère de la Justice russe l’a inscrit sur son registre des « agents de l’étranger », une classification que les autorités appliquent aux personnes soupçonnées de mener des activités jugées hostiles avec un soutien extérieur allégué. Cette désignation l’a immédiatement écarté de la course aux élections législatives prévues en septembre.

Une semaine plus tard, la police l’interpellait et un tribunal de Dolgoproudny, dans la région moscovite, le condamnait à une amende d’environ 13 dollars pour avoir affiché des « symboles extrémistes », en raison d’une vidéo publiée en 2023 montrant brièvement une image de l’opposant Alexeï Navalny. Nadejdine avait qualifié ces poursuites d’absurdes. Il avait par ailleurs indiqué être interdit de quitter le territoire russe, sans que les circonstances exactes de son départ n’aient été précisées.

Une candidature présidentielle déjà écartée en 2024

Ce nouvel épisode fait suite à un premier revers politique majeur. En novembre 2023, Nadejdine avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle russe de 2024, portée par un discours anti-guerre qui avait suscité un engouement inattendu, avec de longues files d’attente pour signer en sa faveur dans plusieurs villes du pays. Sa candidature avait finalement été invalidée par la commission électorale centrale, officiellement pour irrégularités dans les signatures collectées.

Une nouvelle base, au moins temporaire

La France devient ainsi le point d’ancrage, au moins temporaire, d’une figure qui avait choisi jusque-là de rester en Russie malgré les risques, contrairement à la plupart des opposants au Kremlin, aujourd’hui emprisonnés, en exil ou décédés. Nadejdine avait occupé un siège à la Douma d’État entre 1999 et 2003, avant de devenir conseiller municipal dans la région de Moscou de 2019 à 2024. Il était considéré comme un proche de l’opposant Boris Nemtsov, assassiné en 2015. Aucune indication n’a été donnée sur la durée de son séjour en France ni sur un éventuel retour en Russie.

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