SirDavis : Beyoncé rachète les parts de LVMH dans le whisky de son aïeul clandestin

Beyoncé détient désormais l’intégralité de la marque de whisky SirDavis, après avoir racheté la participation détenue par LVMH. Le géant du luxe a validé l’opération lundi, sans en dévoiler le montant.

Une coentreprise lancée en 2024

SirDavis était née en 2024 d’un partenariat entre la chanteuse et Moët Hennessy, la branche vins et spiritueux de LVMH. Le whisky américain, élaboré par le maître distillateur Bill Lumsden — connu pour son travail chez Glenmorangie —, est fini, assemblé et mis en bouteille au Texas, siège de la marque à Houston. Son nom rend hommage à Davis Hogue, l’arrière-grand-père paternel de la chanteuse, fermier et distillateur clandestin dans le Sud des États-Unis pendant la Prohibition. « Il m’a semblé que mon amour du whisky était destiné », avait confié Beyoncé au moment du lancement, évoquant la découverte de ce passé familial.

D’après LVMH, cette cession vient confirmer des informations déjà relayées auparavant par des titres spécialisés du secteur. Le groupe n’a livré aucun détail supplémentaire sur les modalités de la transaction.

Un mouvement à contre-courant chez LVMH

Cette sortie du capital intervient alors que LVMH avait multiplié, ces dernières années, les prises de participation dans des marques portées par des célébrités. Le groupe détient toujours 50 % d’Armand de Brignac, la maison de champagne rachetée en partie en 2021 auprès de Jay-Z, l’époux de Beyoncé — une acquisition qui avait valorisé la marque à 630 millions de dollars. Le contraste est net : quand Jay-Z avait choisi d’ouvrir le capital de sa maison de champagne pour bénéficier du réseau mondial de Moët Hennessy, Beyoncé fait le chemin inverse avec SirDavis en reprenant une pleine autonomie sur sa marque.

Une branche vins et spiritueux sous tension

Le retrait de LVMH intervient dans un contexte difficile pour sa division vins et spiritueux. Sur l’ensemble de 2025, ce pôle a vu son chiffre d’affaires reculer de 9 % à 5,3 milliards d’euros, et son résultat opérationnel chuter de 25 %, pénalisé notamment par une demande plus faible pour le cognac en Chine et aux États-Unis, liée aux tensions douanières. LVMH évoque « un ralentissement de la demande observé depuis 2023 après plusieurs années exceptionnelles ». Un début de reprise s’est toutefois amorcé au premier semestre 2026, porté par le retour de la croissance du champagne en Europe et du cognac en Chine, selon les derniers résultats semestriels du groupe.

Ni LVMH ni l’entourage de Beyoncé n’ont indiqué si la chanteuse compte s’appuyer sur un nouveau réseau de distribution pour SirDavis, désormais privée du soutien logistique de Moët Hennessy.

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