Test de missile : les USA confirment leur rapprochement du Maroc au Maghreb

Les États-Unis ont procédé à un tir de missile réel au Maroc, confirmant leur rapprochement militaire avec ce pays du Maghreb. L’essai s’est déroulé à Tan-Tan, dans le sud du royaume, entre le 3 et le 7 août, et a impliqué selon l’agence Associated Press, le missile de croisière Anthem.

Un site d’essai monté pour l’occasion

Selon le communiqué de l’AFRICOM (US Africa Command), les équipes marocaines et américaines ont construit un site d’essai expéditionnaire avant de procéder au tir, en présence d’ingénieurs et de techniciens rattachés à un partenaire industriel de défense. Cette opération a servi à vérifier les systèmes de communication utilisés sur le terrain, à mesurer la maniabilité de plusieurs composants techniques et à récolter des données sur les conditions météorologiques ainsi que sur le ciblage. Il s’agit de la première démonstration de tir réel associant un industriel privé dans le cadre de ce programme.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

L’AMTEC, un centre encore en construction

Le tir intervient dans le cadre du développement de l’Africa Multidomain Training and Experimentation Center (AMTEC), une infrastructure conjointe encore en cours de montée en puissance à Tan-Tan. Le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, a estimé que le partenariat avec le Maroc constitue « un cadre crucial pour renforcer la préparation des forces américaines » et de leurs alliés africains. Le colonel Zouhair El Hamdani, officier des FAR chargé de la coordination du projet, a présenté l’ambition du site comme « un centre d’excellence pour l’expérimentation, la validation et le développement » de technologies militaires avancées. Selon lui, ce premier tir représenterait « une étape décisive vers la concrétisation de cette vision ».

Une coopération ancienne, relancée depuis 2026

Ce resserrement place le Maroc en position singulière au sein du Maghreb, où aucun autre pays voisin — Algérie, Tunisie ou Libye — n’accueille aujourd’hui d’infrastructure militaire conjointe comparable avec Washington. En avril, Rabat et les États-Unis avaient déjà signé au Pentagone une feuille de route pour la coopération de défense couvrant la période 2026-2036, incluant des volets sur l’industrie militaire et la cybersécurité. En juillet, les FAR et l’AFRICOM avaient annoncé la création d’un centre de formation destiné à l’ensemble du continent africain, préfigurant l’AMTEC.

Cette dynamique s’appuie sur un exercice plus ancien encore : African Lion, né en 2004 entre les deux pays, est devenu la plus grande manœuvre militaire interarmes organisée en Afrique. Son édition 2026 avait rassemblé plus de 5 600 militaires venus de quarante nations, réparties entre le Maroc, le Ghana, le Sénégal et la Tunisie — sans qu’aucun autre pays du Maghreb n’y participe en tant qu’hôte.

Le tir du missile Anthem à Tan-Tan marquerait donc une nouvelle étape dans cette relation, en y ajoutant pour la première fois une dimension industrielle directe, avec la participation d’un acteur privé de l’armement aux côtés des forces américaines et marocaines.

Laisser un commentaire