Un ancien superviseur du FBI est accusé d’avoir détourné près d’un million de dollars en cryptomonnaies placées sous le contrôle des autorités américaines dans le cadre d’enquêtes fédérales. Selon les documents judiciaires, Patrick Steven Yaroch aurait également effectué des recherches sur ChatGPT au sujet d’un départ vers l’Europe et de la gestion d’une importante somme d’argent.
D’après l’affidavit déposé devant la justice fédérale, Patrick Steven Yaroch occupait un poste de superviseur au contre-espionnage au bureau du FBI d’Ashburn, en Virginie. Il disposait d’une habilitation « Top Secret », qui lui donnait accès à des informations sensibles utilisées dans certaines investigations.
Des accès internes utilisés pour récupérer des cryptomonnaies
Selon les documents judiciaires, l’ancien agent aurait exploité ses autorisations professionnelles pour obtenir les phrases de récupération de portefeuilles numériques liés à des enquêtes fédérales visant des adversaires étrangers. Les enquêteurs estiment qu’il aurait réalisé entre dix et douze transactions depuis la fin de l’année 2024 afin de transférer les actifs vers des comptes qu’il contrôlait.
L’affaire n’aurait pas débuté à la suite d’une enquête interne. Les autorités indiquent que Patrick Yaroch a lui-même pris contact, le 28 juillet, avec un ancien collègue désormais employé au Département de la Justice (DOJ) afin de solliciter un entretien privé. Le lendemain, il aurait reconnu les faits lors d’une rencontre au siège du FBI avant de transmettre un signalement écrit aux services de sécurité de l’agence.
Une tentative d’audition complémentaire aurait ensuite été interrompue lorsqu’il a demandé l’assistance d’un avocat, selon les pièces de la procédure.
Près de 925 000 dollars retrouvés
Le 30 juillet, un juge fédéral a autorisé des perquisitions visant l’ancien agent, son domicile et son véhicule. Les opérations menées le lendemain ont permis la saisie d’environ 925 000 dollars en cryptomonnaies, répartis entre un compte sur la plateforme Kraken et une position de prêt sur le protocole Suilend, selon les enquêteurs.
Les documents judiciaires indiquent également que des billets d’avion avaient été réservés pour le Portugal pour Patrick Yaroch, son épouse et leur enfant en septembre. Les enquêteurs affirment aussi que deux avocats portugais disposaient d’une procuration. Les recherches retrouvées sur son téléphone montrent qu’il avait interrogé ChatGPT sur la manière d’investir environ un million de dollars et sur les possibilités d’obtenir la résidence ou la citoyenneté dans un pays de l’Union européenne.
Des actifs numériques conservés sous contrôle judiciaire
Aux États-Unis, les cryptomonnaies saisies lors d’enquêtes pénales ou de procédures de confiscation sont généralement placées sous le contrôle des autorités jusqu’à la décision de justice. Leur gestion mobilise plusieurs institutions fédérales, dont le FBI, le Département de la Justice, les procureurs fédéraux et, selon les dossiers, d’autres services spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité.
Cette coopération est régulièrement mise à contribution dans les enquêtes portant sur les actifs numériques. Le 22 juillet 2026, le Département de la Justice a d’ailleurs annoncé la saisie de plus de 25 millions de dollars en cryptomonnaies dans plusieurs affaires d’escroquerie internationale, illustrant l’importance prise par ce type d’investigations. Selon les documents judiciaires, Patrick Yaroch est désormais poursuivi dans le cadre de cette nouvelle affaire et bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
