Une alerte sur de prétendues guérisons du VIH par la prière a été lancée mercredi en Ouganda. La Commission ougandaise de lutte contre le sida (UAC) demande aux responsables religieux de ne pas présenter comme établies des guérisons qui n’ont pas été vérifiées médicalement.
Le rappel intervient après la multiplication de témoignages publics de personnes qui auraient été diagnostiquées positives au VIH avant d’affirmer avoir retrouvé un statut négatif à la suite de séances de prière. Selon l’UAC, ces récits ne peuvent pas, à eux seuls, établir la disparition du virus.
Une guérison doit être confirmée médicalement
Pour la Commission, une personne ayant déjà reçu un diagnostic positif puis déclarée négative doit subir de nouvelles évaluations auprès de professionnels qualifiés. La procédure doit suivre l’algorithme national de dépistage, avec des examens cliniques et biologiques complémentaires. L’UAC estime qu’« un simple test ne suffit pas à établir une guérison ». Elle rappelle aussi qu’aucun traitement curatif du VIH n’est actuellement validé pour une utilisation clinique courante.
Cette position rejoint celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’agence indique qu’il n’existe toujours pas de traitement permettant d’éliminer définitivement le VIH, mais que les antirétroviraux permettent de contrôler l’infection et de préserver durablement la santé.
La Commission ne remet pas en cause le rôle des responsables religieux dans l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH. Elle leur reconnaît une capacité à apporter écoute, soutien et conseils. Elle leur demande toutefois de ne pas remplacer les données médicales par des affirmations non vérifiées lorsqu’il est question de diagnostic ou de traitement.
Les mythes persistent autour du VIH
L’avertissement relance aussi la question des nombreuses croyances qui entourent encore le virus. Certaines personnes pensent qu’une infection peut disparaître après une prière, un remède traditionnel ou l’apparition d’un résultat négatif isolé. Ces affirmations ne constituent pas des preuves médicales de guérison. D’autres idées reçues concernent la transmission.
Contrairement à une croyance répandue, le VIH ne se transmet pas par une poignée de main, une accolade, un baiser ordinaire ou le partage d’un repas. La transmission intervient par certains liquides biologiques, dont le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel. Un autre mythe concerne les personnes sous traitement. Une personne vivant avec le VIH qui suit correctement une thérapie antirétrovirale et dont la charge virale est indétectable ne transmet pas le virus à son partenaire sexuel.
Plus de 40 millions de personnes vivent avec le VIH
Le problème reste mondial. Selon les dernières données de l’OMS, environ 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH fin 2024, tandis que 1,3 million de nouvelles infections ont été enregistrées cette année-là. L’organisation estime également à 630 000 le nombre de décès liés au VIH en 2024. En Ouganda, la Commission ougandaise de lutte contre le sida recensait 384 562 personnes vivant avec le VIH en décembre 2024 et 5 127 décès liés au sida sur l’année. Le pays poursuit l’objectif de mettre fin au sida comme menace de santé publique d’ici 2030.
