Zelensky rejette la tenue d'élections, un mois après le limogeage de Fedorov

Volodymyr Zelensky a exclu dimanche toute organisation d’élections en Ukraine tant que la guerre se poursuit. Devant un groupe de journalistes, le président ukrainien a averti qu’un tel scrutin provoquerait « un tsunami » capable de « fracturer » le pays.

Une sortie qui répond à Fedorov

Cette prise de position intervient un mois après le limogeage de Mikhaïlo Fedorov, ex-ministre de la Défense écarté mi-juillet. Mardi dernier, celui-ci avait diffusé une vidéo au ton de campagne électorale, dénonçant la corruption et réclamant « restaurer un processus démocratique ». Son départ avait provoqué des rassemblements dans plusieurs villes du pays. Zelensky avait ensuite remplacé le commandant de l’armée, Oleksandre Syrsky. Face à la presse, Zelensky a déclaré : « Je pense que dans une guerre comme celle-ci, des élections en tant que telles sont un risque énorme. »

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Un mandat expiré mais un cadre légal figé

Le mandat présidentiel de Zelensky a pris fin en mai 2024. La loi martiale, en vigueur depuis l’invasion russe de février 2022, interdit la tenue de toute élection tant qu’elle reste active. Un cessez-le-feu constituerait le préalable à sa levée, condition qui n’a jamais été réunie depuis le début du conflit.

Le président a évoqué trois catégories d’électeurs difficiles à intégrer dans un scrutin : les Ukrainiens réfugiés à l’étranger, les militaires mobilisés sur le front et les habitants des territoires occupés par la Russie. Selon un sondage de l’Institut international de sociologie de Kiev réalisé en juillet-août, seuls 15 % des personnes interrogées jugent qu’un scrutin devrait avoir lieu avant la fin de la guerre.

Manifestations et tensions internes

Zelensky a défendu le droit des citoyens à manifester après le limogeage de Fedorov. Il a mis en garde contre toute attitude jugée irrespectueuse envers l’armée, évoquant un risque de division entre la société civile et les soldats engagés au combat. Cette prise de parole marque la première rencontre du président avec la presse depuis plusieurs mois, dans un climat de tensions politiques internes ravivées par le départ de son ex-ministre.

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