Quinze véhicules et 74 sapeurs-pompiers ont combattu samedi soir l’incendie d’une voiture survenu dans un tunnel de l’A13, à Mantes-la-Ville, dans les Yvelines. Une femme enceinte de neuf mois et son fils de deux ans y ont perdu la vie ; un troisième occupant, âgé de 44 ans, souffre de brûlures graves.
L’incendie s’est déclaré vers 18h45 dans la tranchée couverte de l’autoroute, dans le sens province-Paris. Selon les pompiers des Yvelines, cités par Le Parisien, les secours n’ont pu que constater le décès des deux victimes à leur arrivée sur place. L’homme de 44 ans qui les accompagnait a été pris en charge et hospitalisé.
Un dispositif de secours renforcé pour une tranchée couverte
Le nombre de moyens engagés — 15 véhicules et 74 sapeurs-pompiers, selon les précisions données à la radio ICI Paris Île-de-France — s’explique par les particularités d’une intervention en espace confiné. Une tranchée couverte réduit l’évacuation naturelle des fumées et complique l’accès des secours, ce qui justifie un renfort supérieur à celui d’un feu de véhicule à ciel ouvert. La circulation sur l’autoroute a été coupée dans les deux sens le temps de l’intervention, sans heure de réouverture communiquée à ce stade.
Un rapport parlementaire rédigé après l’incendie du tunnel du Mont-Blanc en 1999 avait recensé une trentaine d’ouvrages jugés à risque en France et recommandé un renforcement des moyens de lutte contre le feu en milieu souterrain.
Une enquête ouverte sur les causes de l’incendie
Le parquet de Versailles a confirmé l’ouverture d’une enquête en recherche des causes de la mort, afin d’établir les circonstances exactes de l’embrasement du véhicule. Aucune cause n’est privilégiée à ce stade.
« La raison de l’incendie du véhicule n’est pas encore connue », a indiqué la radio ICI Paris Île-de-France, précisant que les pompiers des Yvelines n’ont pas encore établi l’origine du départ de feu. Les enquêteurs devront déterminer s’il s’agit d’une défaillance mécanique ou d’un autre facteur.
Le statut juridique de l’enfant à naître
La jurisprudence de la Cour de cassation, fixée en assemblée plénière le 29 juin 2001, exclut l’enfant à naître du champ de l’homicide involontaire prévu par le code pénal, quel que soit le terme de la grossesse. Cette position, confirmée en 2002 par la chambre criminelle, reste inchangée à ce jour : seules les personnes nées peuvent être comptées comme victimes au sens pénal. Une exception existe pour un enfant né vivant et viable avant de décéder, cas qui ne concerne pas cette affaire. Un acte d’enfant sans vie peut néanmoins être établi à la demande des parents, sans conférer de personnalité juridique à l’enfant à naître.



