AES : des responsables de l'ONU bientôt en mission pour "évaluer les réalités locales"

Des responsables de l’Organisation des Nations Unies seront bientôt en mission pour s’imprégner des réalités locales dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette annonce fait suite à un entretien tenu le 26 septembre à New York, en marge de la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU.

Des visites de terrain pour rapprocher l’ONU des réalités locales

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a rencontré à New York deux hauts responsables onusiens : Tom Fletcher, sous-secrétaire général chargé des affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence (OCHA), et Vanessa Frazier, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.

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Face à cette dernière, le chef de la diplomatie burkinabè a exprimé une frustration au sein de l’AES : celle d’un décalage entre la situation réelle sur le terrain et les rapports produits par les structures onusiennes, notamment sur la question des enfants. « Il y a un gap entre le terrain et les rapports », a-t-il déclaré, appelant à revoir la méthodologie, les approches et les acteurs impliqués dans l’analyse des réalités nationales, en tenant compte de la spécificité de chaque pays.

C’est dans cette situation que les deux responsables onusiens ont annoncé leur intention d’effectuer des visites techniques au Burkina Faso, afin de mieux s’imprégner de la réalité et d’articuler leurs programmes de partenariat directement avec les acteurs nationaux — une démarche que le ministre a saluée.

L’AES veut faire entendre sa lecture de la situation au Sahel

En effet, cette annonce fait suite à une ligne défendue par les trois pays de la Confédération depuis quelques années. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger contestent régulièrement certains rapports de l’ONU. Bamako avait notamment rejeté un rapport sur les événements de Moura en 2022, le qualifiant de « biaisé » et fondé sur un « récit fictif », après des accusations d’exactions contre l’armée malienne et ses supplétifs. Les autorités maliennes avaient aussi contesté un rapport sur la mort de civils lors d’une opération à Hombori. Au Burkina Faso, les tensions avec l’ONU ont également conduit à la fermeture du bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme en juillet 2026.

Lors de la même semaine de haut niveau à New York, les représentants de l’AES avaient multiplié les initiatives pour faire entendre leur propre lecture des enjeux sahéliens, notamment lors d’un événement parallèle consacré à la sécurité et au développement, présenté comme un moyen de « corriger les narratifs erronés » sur la région. Aucune date n’a été annoncée par les autorités pour ces visites.

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