Bunker nucléaire de Poutine : 2,5 millions de documents révèlent un chantier secret sous l'Oural

Une enquête menée par le média danois Danwatch, le Sunday Times et le Dossier Center, publiée le 26 septembre 2026, met au jour l’ampleur d’un chantier militaire russe resté secret pendant des années : la modernisation d’un immense complexe souterrain enfoui dans le mont Kosvinsky, dans l’Oural.

Un site lié au système « Main morte »

Dénommé Objet 1335, ce bunker est associé au système soviétique Perimetr, surnommé « Dead Hand » (la Main morte) en Occident. Son principe : garantir qu’un ordre de tir nucléaire de représailles puisse être transmis même si le commandement militaire russe et ses réseaux de communication venaient à être détruits lors d’une première frappe.

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Les services de renseignement occidentaux connaissent l’existence de cette « montagne du Jugement dernier » depuis la Guerre froide. Mais l’enquête révèle que le site, longtemps considéré comme dormant, a connu une expansion massive depuis 2018, avec un des travaux accélérés entre 2020 et 2021.

Une enquête bâtie sur des millions de documents

Les journalistes ont analysé environ 2,5 millions de documents russes : marchés publics militaires, plans de construction, appels d’offres et images satellites, collectés méthodiquement dans une base de données publique. Les chiffres qui en découlent donnent la mesure du chantier : environ 20 000 à 22 000 tonnes d’acier ont été commandées, auxquelles s’ajoutent plus de 56 000 tonnes de ciment, de quoi couvrir près de 150 000 m². Les registres font état de centaines de kilomètres de câbles électriques (jusqu’à 361 km recensés) et de tuyauterie, de plusieurs dizaines de transformateurs, d’environ 160 unités de ventilation, ainsi que de systèmes de filtration destinés à protéger le site contre d’éventuelles contaminations chimiques, biologiques et radioactives.

Au moins 24 chambres souterraines

Les documents de marchés publics mentionnent au moins 24 chambres souterraines distinctes, reliées par un système d’air comprimé. La distance en ligne droite entre l’entrée principale et les issues de secours atteindrait environ 2,5 kilomètres. D’anciens militaires ayant servi dans l’unité chargée de garder le mont Kosvinsky décrivent un complexe si vaste que le personnel s’y déplaçait en bus.

L’enquête rappelle que Vladimir Poutine avait évoqué ce projet dès 2020, lors d’une réunion avec de hauts responsables militaires sur la résilience des systèmes de commandement nucléaire russes. Il avait alors indiqué que la création d’une installation « absolument sécurisée » pour le contrôle des forces nucléaires stratégiques était en voie d’achèvement, avec une marge de sécurité très élevée.

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