Sandro Ferretto, prêtre italien de 55 ans, a célébré un mariage traditionnel le 6 septembre à Seretion, un village du secteur de Kasiela, dans le comté de Baringo, au Kenya. Il ne s’agit ni d’un mariage religieux catholique ni d’une union civile, mais d’une cérémonie coutumière selon le rite Koito, propre à la communauté Kalenjin. L’ancien missionnaire du diocèse de Padoue a ainsi uni sa vie à Sharon Jepng’ok, une femme originaire de la communauté Tugen, dans le sous-comté de Baringo South, qu’il aurait rencontrée durant ses années de service pastoral dans la région, selon The Kenya Times. Ce choix personnel relance la question, récurrente au sein de l’Église catholique romaine, du célibat imposé aux prêtres — une règle que rejettent la plupart des courants évangéliques, où le mariage des pasteurs est admis sans restriction.
Une cérémonie traditionnelle à Kasiela
Le rite Koito repose sur une rencontre des familles, une négociation de la dot et une série de bénédictions données par les anciens — une coutume distincte de tout sacrement religieux ou acte d’état civil reconnu. Des proches, des responsables communautaires, des élus locaux ainsi que des collègues de Jepng’ok y ont assisté, d’après plusieurs médias kényans. Des photographies et vidéos de l’événement, largement partagées sur les réseaux sociaux, montrent le couple vêtu de tenues assorties bleu et orange, participant aux danses traditionnelles au milieu des invités. Le lieu choisi n’est pas anodin : Seretion se trouve dans la même paroisse où Ferretto a exercé son ministère durant douze ans, et où il reste connu localement sous le surnom de « Father Sandro ».
Jepng’ok serait, selon certaines sources kényanes, la fille d’un ancien conseiller local, John Wendot. Leur relation se serait construite progressivement au fil des années où Ferretto intervenait dans les activités pastorales, les programmes destinés à la jeunesse et les projets de développement communautaire de la paroisse. Le mariage a été confirmé par plusieurs titres de presse locaux, dont The Kenya Times et Tuko.co.ke, ainsi que par la plateforme de vérification Bana Media.
Un cas loin d’être isolé
D’autres membres du clergé catholique ont récemment fait un choix similaire. En Allemagne, le prêtre Andreas Unfried a annoncé sa démission en août 2026, après 37 années passées à la tête de la paroisse Sainte-Ursule, près de Francfort. Sur le site de son église, il a expliqué vouloir épouser la femme avec qui il partageait sa vie en secret depuis longtemps. L’évêque de Limbourg, Georg Bätzing, l’a aussitôt suspendu de ses fonctions. D’autres affaires du même type ont éclaté ces derniers mois en Europe, notamment en Belgique, où l’avis de décès d’un prêtre flamand mentionnant une « épouse aimante » avait surpris son diocèse en juin dernier.
Une règle vieille de neuf siècles
L’obligation de célibat pour les prêtres catholiques latins remonte au deuxième concile du Latran, convoqué en 1139 par le pape Innocent II. Ce texte a déclaré nuls tous les mariages contractés après l’ordination, une règle confirmée quatre siècles plus tard par le concile de Trente. Elle reste propre à l’Église latine : les Églises orthodoxes, protestantes et anglicanes, tout comme le rite oriental de l’Église catholique elle-même, autorisent le mariage des membres du clergé. Le débat sur un assouplissement de cette discipline resurgit périodiquement à Rome, sans qu’aucun pape n’ait pour l’instant engagé de réforme.
Un retour dans la région où il a servi
Ordonné pour le diocèse de Padoue, Ferretto était arrivé au Kenya en 2008 pour exercer sous l’autorité du diocèse de Nyahururu, dans les localités de Kasiela et Mochongoi. Rentré en Italie fin 2020 aux côtés d’un autre missionnaire, le père Mariano Dal Ponte, il avait ensuite dirigé une unité pastorale de huit paroisses à Saletto, dans la commune de Borgo Veneto. Fin 2023, le quotidien italien Il Gazzettino avait rapporté sa démission soudaine de ce poste, à l’issue d’une dernière messe, sans grand préavis donné à ses collègues. Le diocèse de Padoue avait alors confirmé son départ, précisant qu’il demeurait prêtre et n’était impliqué dans aucune controverse, évoquant une période de retrait personnel. Ferretto aurait rejoint entretemps la coopérative Levante, à Padoue, qui vient en aide aux migrants, avant de regagner le Kenya, dans la région où il avait auparavant passé une grande partie de sa vie d’adulte. Le statut canonique actuel de Ferretto — laïcisé ou toujours prêtre suspendu — n’a pas été confirmé publiquement par le Vatican ni par son diocèse d’origine.
🇮🇹🇰🇪🚨 Un missionnaire italien QUITTE la prêtrise après 12 ans au Kenya pour ÉPOUSER une femme locale.
— Cultination (@Cultination1) September 8, 2026
Sandro Ferretto, prêtre italien de 55 ans du diocèse de Padoue, a servi comme missionnaire dans le comté de Baringo (Kenya) pendant 12 ans, où on le surnommait « Father Sandro… pic.twitter.com/f2KDNvDNqU

Mama Mia!
Sandro conduce una dolce vita!!!