Armement : l’Iran sollicite la Russie pour obtenir des drones Geran avancés, selon le Financial Times

L’Iran aurait demandé cette année à la Russie de lui fournir des drones Geran avancés pour les utiliser dans sa guerre contre Israël et les États-Unis. L’information a été rapportée dimanche 13 septembre par le Financial Times, qui cite des responsables occidentaux de la sécurité et une personne proche du Kremlin. Aucune livraison de ces appareils n’est pour l’instant établie publiquement. Les Geran russes dérivent des Shahed conçus en Iran : Téhéran avait fourni ces drones à Moscou au début de la guerre en Ukraine, avant que la Russie ne développe sa production et ses propres variantes.

La Russie a développé de nouvelles versions du Geran

Les modèles que Téhéran chercherait aujourd’hui à obtenir sont différents des premiers Shahed utilisés par l’armée russe. Moscou a progressivement modifié les appareils et développé de nouvelles variantes en travaillant sur leur propulsion, leur guidage et leur résistance aux moyens de guerre électronique.

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Le Financial Times s’intéresse en particulier aux Geran-4 et Geran-5, équipés d’une propulsion à réaction. Selon les caractéristiques rapportées par le quotidien britannique, la portée du Geran-5 pourrait atteindre environ 1 000 kilomètres et sa charge militaire approcher 90 kg. Sa vitesse pourrait aller jusqu’à 600 km/h. Ces performances le distinguent des premières versions à hélice dérivées du Shahed iranien.

Le journal rapporte également, à partir de données ukrainiennes, que les défenses aériennes parviendraient à intercepter environ 60 % des modèles à réaction. Pour certaines versions plus anciennes, le taux communiqué atteindrait entre 90 et 95 %. Ces chiffres proviennent de la partie ukrainienne et ne peuvent pas être vérifiés indépendamment.

L’origine de cette coopération remonte aux premiers mois de la guerre en Ukraine. Dès 2022, les forces russes ont commencé à employer des Shahed-136 de conception iranienne. En 2024, Reuters rapportait que l’Iran avait fourni des milliers de ces drones à la Russie. Les appareils ont ensuite été produits sur le territoire russe sous l’appellation Geran, tandis que Moscou développait progressivement des versions modifiées.

Des relations militaires établies entre la Russie et l’Iran

La coopération militaire entre les deux pays est antérieure à la guerre en Ukraine. La Russie et l’Iran ont soutenu le gouvernement de Bachar al-Assad pendant la guerre en Syrie, avec une implication militaire directe de Moscou à partir de 2015. Le rapprochement s’est ensuite étendu à d’autres domaines militaires.

Les drones iraniens ont pris une place importante dans cette relation après 2022. Leur utilisation par la Russie a été suivie par le développement d’une capacité de production locale et de variantes russes. Le mouvement pourrait désormais fonctionner en sens inverse si la demande iranienne concernant les Geran avancés aboutissait.

La Chine a également été citée dans la presse américaine au sujet des soutiens dont bénéficierait l’Iran. Le Wall Street Journal a rapporté que des entreprises chinoises avaient fourni des biens à double usage susceptibles d’avoir des applications militaires. Le journal relevait également le rôle majeur du marché chinois pour les exportations pétrolières iraniennes. CNN a pour sa part rapporté en mars 2026, en citant des évaluations et des sources américaines, que Pékin aurait envisagé différentes formes d’assistance à Téhéran, parmi lesquelles une aide financière ainsi que la fourniture de pièces de rechange et de composants destinés aux missiles. Ces informations ne signifient pas qu’une telle assistance militaire ait effectivement été livrée.

La demande iranienne reste à confirmer par Moscou

La demande rapportée par le Financial Times créerait une situation particulière : une technologie initialement fournie par l’Iran aurait été transformée et industrialisée en Russie au point que Téhéran chercherait désormais à obtenir certaines des versions développées par Moscou. À ce stade, l’information porte cependant sur une demande iranienne. Aucun élément public ne permet d’affirmer que la Russie l’a acceptée ni que des Geran-4 ou Geran-5 ont été livrés à l’Iran.

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