Un sexagénaire belge a versé près de 10 000 euros à des escrocs se faisant passer pour Céline Dion. L’homme, résidant près d’Anvers, correspondait depuis fin 2025 avec de faux profils prétendant être la chanteuse québécoise, selon des révélations de la chaîne publique belge VRT.
Un système de paiement par cartes prépayées
Convaincu d’aider financièrement son interlocutrice, l’homme réglait ses versements via des cartes prépayées achetées en grande surface, dont il transmettait ensuite les codes par messagerie privée. Répétée sur plusieurs mois, cette méthode aurait permis aux escrocs d’atteindre la somme totale de 10 000 euros. Selon sa fille, la victime se serait même préparée à partir la rejoindre, bagages faits.
C’est elle qui a alerté les journalistes de VRT, se disant désespérée de voir son père pris dans ce piège sentimental. Malgré les incohérences de l’histoire, l’homme continuerait de refuser l’idée d’avoir été manipulé et croirait toujours à la réalité de cette relation.
Une méthode identique à l’affaire du faux Brad Pitt
Ce type d’escroquerie n’est pas isolé. En janvier 2025, l’affaire dite du « faux Brad Pitt » avait éclaté au grand jour en France après un reportage de l’émission Sept à Huit sur TF1. Une décoratrice d’intérieur française de 53 ans, prénommée Anne, avait perdu 830 000 euros après avoir cru entretenir une relation secrète avec l’acteur américain Brad Pitt pendant plus d’un an.
Les escrocs, des « brouteurs » originaires d’Afrique de l’Ouest, avaient utilisé des deepfakes générés par intelligence artificielle pour simuler des selfies et prouver l’identité de la star. Le scénario invoquait un cancer du rein et des comptes bancaires gelés à cause d’un divorce avec Angelina Jolie pour justifier les demandes d’argent répétées. Cette affaire avait ensuite déclenché une vague de moqueries et de cyberharcèlement visant la victime, certains internautes et un club de football professionnel s’étant publiquement moqués de sa crédulité, avant de présenter des excuses.
Un phénomène documenté à grande échelle
Selon les données Europol IOCTA, plus de 60 % des arnaques sentimentales déclarées en France impliqueraient un opérateur basé en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, au Nigeria ou au Bénin. Le terme « brouteur », entré dans le langage courant français au début des années 2010, désigne ces escrocs spécialisés dans la manipulation affective en ligne, souvent auprès de personnes isolées ou âgées.


