Le Defense Production Act fait désormais partie des options étudiées par la Maison-Blanche pour accroître la capacité de raffinage pétrolier du pays. L’hypothèse a été évoquée lors d’un échange entre Donald Trump et près d’une douzaine de raffineurs américains, sans qu’aucun arbitrage n’ait encore été tranché, selon deux sources proches du dossier citées par l’agence Reuters. La guerre contre l’Iran et le contrôle exercé par Téhéran sur le détroit d’Ormuz font grimper les prix du pétrole depuis plusieurs semaines.
Une loi jamais utilisée pour le raffinage
Adopté en 1950 dans le cadre de la guerre de Corée, le Defense Production Act confère à la présidence américaine de larges pouvoirs pour orienter les ressources industrielles du pays et accorder des incitations financières aux entreprises jugées stratégiques pour la sécurité nationale. Le texte a déjà servi à plusieurs reprises sous l’administration Trump depuis 2025, notamment pour la production de minéraux critiques ou, plus récemment, pour relancer un site pétrolier au large de la Californie. Aucun locataire de la Maison-Blanche n’y a eu recours pour le raffinage depuis la création du texte, il y a plus de soixante-quinze ans.
Les discussions actuelles s’appuient sur une détermination présidentielle signée en avril, qui autorisait déjà le recours à cette loi pour soutenir la production, le raffinage et la logistique pétrolière américaine.
Des raffineries déjà proches de la saturation
Les capacités de raffinage du pays tournent actuellement à 98% de leur capacité, un niveau qui illustre la marge de manœuvre réduite dont dispose l’administration pour absorber la demande. Ce recul structurel du secteur s’observe depuis une décennie, plusieurs sites jugés non rentables ayant fermé leurs portes, concentrant davantage la production sur la côte du Golfe du Mexique.
Un arbitrage se dessine entre deux options. D’un côté, moderniser ou agrandir les sites déjà en activité ; de l’autre, financer la construction d’unités entièrement nouvelles. Cette seconde piste impliquerait des délais de plusieurs années et une facture nettement supérieure, ce qui aurait conduit les dirigeants de raffineries présents à la réunion à privilégier la première option auprès des responsables fédéraux.
Une pression accrue par la guerre contre l’Iran
L’hypothèse d’un recours au Defense Production Act survient alors que les cours du brut ont franchi les 90 dollars le baril, les prix américains bondissant de plus de 12% en une séance. Le détroit d’Ormuz, quasiment paralysé par l’extension du conflit israélo-américain contre l’Iran, est un passage stratégique par lequel transite environ 20% de l’approvisionnement pétrolier mondial quotidien.
Le prix moyen national du diesel a dépassé pour la première fois les 6 dollars le gallon, tandis que l’essence demeure à des niveaux élevés. Une porte-parole de la Maison-Blanche, Taylor Rogers, a indiqué que l’administration évaluait des options concrètes pour accroître les capacités de raffinage, via la réforme réglementaire, l’accélération des permis et de nouveaux investissements.
Le scrutin de mi-mandat, prévu en novembre, ajoute une dimension politique au dossier : tout signe d’incapacité à freiner la hausse des prix à la pompe pourrait peser sur le bilan économique mis en avant par l’administration auprès des électeurs.



