La Corée du Nord a procédé le 20 septembre à un nouvel essai d’armement supervisé par Kim Jong-un, alors que les caractéristiques exactes du système testé restent partiellement inconnues. Deux missiles balistiques à courte portée avaient été détectés le même jour par l’armée sud-coréenne depuis la région de Wonsan, en direction de la mer de l’Est.
L’annonce de l’essai n’a été faite que le 22 septembre par l’agence officielle KCNA. Selon cette dernière, le dirigeant nord-coréen a présenté le test comme une démonstration de technologies de défense avancées et comme une étape dans la modernisation des forces armées.
Un système dont la nature reste officiellement non précisée
Pyongyang n’a pas donné le nom du système dans son communiqué. Les images diffusées après l’essai apportent toutefois un indice : l’écran observé par Kim Jong-un et sa fille Kim Ju-ae affichait la mention « trajectoire de vol du Hwasongpho-11Ma-1 ».
Cette indication conduit des analystes sud-coréens à estimer que l’essai pourrait concerner une version améliorée d’un missile balistique hypersonique de la famille Hwasong-11. Cette identification n’est toutefois pas présentée comme une confirmation technique indépendante.
Les données visibles sur l’écran nord-coréen soulèvent aussi des interrogations. Une distance de vol de 908,2 kilomètres y apparaît, alors que l’état-major interarmées sud-coréen avait évalué les deux tirs à environ 450 kilomètres et plus de 600 kilomètres. Des experts ont donc envisagé que les données affichées par Pyongyang aient pu être modifiées pour présenter l’essai sous un jour favorable.
Kim Jong-un a attribué une importance militaire particulière à cette technologie. Selon la KCNA, il a affirmé qu’elle provoquerait chez l’adversaire « un mal de tête incurable » et lui infligerait « un coup très cruel et inévitable ».
Une série de tirs rapprochés
Le lancement du 20 septembre n’était pas le premier essai nord-coréen du mois. Le 12 septembre, Pyongyang avait déjà tiré plusieurs missiles balistiques à courte portée depuis Wonsan, au lendemain de la fin de l’exercice militaire trilatéral Freedom Edge, organisé par les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon. Ces projectiles avaient parcouru environ 250 kilomètres, selon l’armée sud-coréenne.
Le 20 septembre, deux nouveaux tirs ont été détectés à environ trois heures d’intervalle. Le premier a parcouru près de 450 kilomètres et le second plus de 600 kilomètres, selon les données sud-coréennes. Il s’agissait, d’après Yonhap, du 14e lancement de missiles balistiques nord-coréens de l’année.
Ces essais interviennent alors que les discussions sur la sécurité de la péninsule restent tendues. Le calendrier leur donne aussi une portée diplomatique : ils ont précédé l’ouverture du débat général de l’Assemblée générale de l’ONU et le sommet prévu le 24 septembre à Washington entre Donald Trump et Xi Jinping. Des analystes cités par Yonhap estiment que Pyongyang pourrait ainsi chercher à rappeler à Washington qu’il poursuit le développement de ses capacités militaires.
