Les États-Unis pourraient consacrer 5 milliards de dollars à la remise en état des infrastructures énergétiques du Moyen-Orient endommagées pendant la guerre contre l’Iran. L’administration du président Donald Trump propose d’apporter cette somme à un nouveau fonds auquel plusieurs États de la région seraient également appelés à contribuer.
Le projet, baptisé Partnership for Allied Trust and Construction (PACT), a été révélé lundi 21 septembre par le Wall Street Journal, qui cite des documents et des responsables américains et moyen-orientaux. Reuters a ensuite rapporté ces informations en précisant ne pas avoir pu les confirmer de manière indépendante.
Washington cherche 5 milliards supplémentaires
L’objectif américain serait de réunir au total 10 milliards de dollars. Aux 5 milliards proposés par Washington viendrait s’ajouter une somme équivalente apportée collectivement par huit partenaires : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, Oman, l’Irak et la Jordanie. Ces contributions ne sont pas encore garanties. Aucun accord définitif sur le financement du dispositif n’a été annoncé et les discussions se poursuivraient avec les gouvernements concernés. Si le projet aboutit, sa gestion reviendrait à la U.S. International Development Finance Corporation (DFC).
Les investissements seraient dirigés vers les capacités énergétiques affectées par les hostilités. Des installations de production, de raffinage, de transport et d’exportation ont subi des dégâts au cours de la guerre. Au Qatar, QatarEnergy a annoncé le 21 septembre que les attaques contre le complexe de Ras Laffan avaient entraîné la perte d’environ 17 % des capacités nationales de gaz naturel liquéfié. Certaines unités pourraient nécessiter jusqu’à trois ans de travaux avant leur remise en service.
Le détroit d’Ormuz également concerné
Le projet PACT ne viserait pas uniquement les réparations. Washington souhaiterait financer des capacités permettant aux producteurs de disposer de davantage de voies d’exportation ne passant pas par le détroit d’Ormuz, dont le trafic a été fortement perturbé par la guerre.
L’importance de ce passage était considérable avant le conflit. Selon l’Energy Information Administration (EIA) américaine, 20,9 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers y transitaient chaque jour au premier semestre 2025. Ce volume correspondait à environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers. Plus d’un cinquième des échanges maritimes mondiaux de gaz naturel liquéfié empruntait également cette voie.
Depuis, les flux ont fortement reculé. Au deuxième trimestre 2026, le détroit n’a vu transiter que 4,9 millions de barils par jour, selon l’EIA. À la fin de 2025, ce volume dépassait encore 21 millions de barils quotidiennement.
Des investissements encore exposés aux hostilités
Plusieurs questions restent en suspens avant la mise en œuvre du fonds. Des responsables de la région cités par le Wall Street Journal estiment que de nouvelles infrastructures pourraient rester exposées aux attaques tant que les hostilités se poursuivent.
Les difficultés concernent aussi le transport maritime. Reuters rapporte que la circulation des navires transportant des matières premières à travers Ormuz demeure très inférieure aux niveaux observés avant la guerre. Des producteurs ont recours à des solutions temporaires, parmi lesquelles des transferts de pétrole entre navires dans la région d’Oman, avec des coûts de transport supplémentaires.
Le financement américain de 5 milliards de dollars reste, à ce stade, une proposition. Le montant de 10 milliards correspond à l’objectif envisagé pour le fonds PACT si les contributions recherchées auprès des huit partenaires se concrétisent.



