Élections en Europe : la Russie accusée de préparer ses réseaux de bots pour diviser les électeurs

Des réseaux de bots liés à Moscou cibleraient déjà les prochains scrutins européens, a indiqué l’Agence suédoise de défense psychologique le 11 septembre, dans des propos rapportés par Politico. Créée en 2022 au sein du ministère de la Défense, cette agence est devenue l’un des principaux points de référence en Europe pour l’analyse des campagnes d’influence russes, notamment après avoir documenté une opération visant à freiner l’adhésion de la Suède à l’OTAN en 2022 et 2023.

Ce constat s’ajoute à une série d’accusations déjà formulées par plusieurs pays européens à l’encontre de la Russie. Le Parlement européen avait adopté en avril 2024 une résolution sur des allégations d’ingérence russe touchant ses propres rangs et les élections européennes. La Roumanie avait vu l’annulation de sa présidentielle en 2024 après la percée surprise d’un candidat ultranationaliste pro-russe. La France, elle, a rapporté plusieurs épisodes similaires, du dépôt de cercueils près de la tour Eiffel en 2024 jusqu’à une ingérence visée récemment contre le candidat Gabriel Attal. C’est dans ce cadre que les services suédois alertent désormais sur de nouvelles cibles.

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Une priorité donnée aux « grands pays »

Selon Magnus Hjort, directeur général de l’Agence suédoise de défense psychologique, cité par Politico, la Russie « donne la priorité à d’autres élections, à d’autres pays, à des pays plus grands d’Europe ». Il cite notamment les élections régionales et locales à venir en Allemagne, ainsi que la présidentielle prévue l’an prochain en France.

L’objectif recherché par le Kremlin, selon lui, consisterait à alimenter le doute chez les électeurs quant à la poursuite de l’aide militaire et financière à Kiev, en diffusant de fausses accusations de corruption ou d’abus visant les autorités ukrainiennes.

Des plateformes jugées trop lentes à réagir

Hjort a également critiqué la réactivité des grandes plateformes numériques face à ces réseaux de comptes automatisés. Il a estimé que des entreprises comme Meta, TikTok et X « devraient faire plus pour garder leurs plateformes propres » de ces réseaux de bots, ajoutant que leur intérêt commercial ne coïncidait pas nécessairement avec celui des gouvernements européens.

Le responsable suédois a plaidé pour une coordination renforcée entre pays européens, ainsi que pour un dialogue plus structuré avec les opérateurs de réseaux sociaux, seule solution selon lui pour retirer durablement ces comptes automatisés des plateformes.

Un dispositif déjà testé sur d’autres scrutins

L’agence suédoise avait suivi de près la présidentielle américaine de 2024 pour étudier les techniques de désinformation employées, dans l’optique d’anticiper leur éventuelle réutilisation lors d’un scrutin suédois. Sa création en 2022 faisait elle-même suite à une décision politique de réactiver, sous une forme modernisée, un dispositif de défense psychologique datant de la guerre froide, abandonné en Suède après la fin de l’URSS.

La Commission européenne a de son côté proposé la mise en place d’un « bouclier démocratique », incluant un centre dédié à la résilience face aux ingérences étrangères, pour répondre à ce type de menace à l’échelle du continent. Les autorités russes n’ont pas réagi à ces accusations au moment de la publication de cet article.

3 réflexions au sujet de “Élections en Europe : la Russie accusée de préparer ses réseaux de bots pour diviser les électeurs”

  1. En France, pas besoin d’ingérence, TOUS les candidats sont NULS.
    N’importe lequel conviendra à Moscou.

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  2. « en diffusant de « fausses » accusations de corruption »
    🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂

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  3. Si ça continue la Russie va réclamer des « droits de bouc-émissaires ». Il sont accusé de tout et sur tout. Mêm els pounaises de lit à Paris, c’est Poutine… il est décidémment très occupé le russkoff !

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