Le 14ᵉ vol d’essai de Starship vient d’être reporté au 22 septembre depuis la base de Starbase, au Texas. Selon l’avis d’exploitation de la Federal Aviation Administration, la fenêtre de tir principale s’étend de 12h15 à 14h14 UTC, avec le 23 septembre comme date de repli. Les deux vols précédents du lanceur avaient déjà connu leur lot de difficultés : le 13ᵉ essai, prévu le 16 juillet, avait été interrompu à quelques secondes du décollage après la panne de quatre moteurs, avant de finalement réussir une semaine plus tard ; le 12ᵉ, lancé le 22 mai, s’était soldé par la destruction du booster lors de sa tentative de retour vers le golfe du Mexique.
Un patron directement impliqué dans chaque étape
Elon Musk n’a rien d’un observateur distant du programme. Lors de l’abandon du 13ᵉ vol, c’est lui qui avait confirmé en direct sur X la cause de l’incident : « Certains moteurs n’ont pas démarré, déclenchant un abandon automatique du lancement« , avait-il écrit, précisant que deux moteurs Raptor allaient être remplacés avant une nouvelle tentative. Le vol suivant, le 24 juillet, avait permis le déploiement réussi de 20 satellites Starlink de nouvelle génération. Quant au 12ᵉ vol, une enquête de la Federal Aviation Administration avait conclu à des effets thermiques sur les composants de propulsion durant l’ascension, avant de donner son feu vert pour la suite du programme.
Une trajectoire jamais atteinte jusqu’ici
Contrairement aux treize essais qui l’ont précédé, tous suborbitaux, ce 14ᵉ décollage doit permettre à Starship de boucler un tour complet de la Terre. Les documents déposés par SpaceX auprès de la Commission fédérale des communications évoquent ce changement de trajectoire comme l’objectif central de la mission. Une vingtaine de satellites Starlink V3 seraient du voyage, remplaçant pour la première fois les simulateurs de masse utilisés lors des vols antérieurs. Interrogé par des investisseurs sur l’intérêt économique de cette charge, le directeur financier de SpaceX, Bret Johnsen, a répondu que l’opération devait rapporter de l’argent à l’entreprise dès ce déploiement.
Cette implication personnelle de Musk dans chaque détail technique s’explique par l’ambition qu’il répète depuis près d’une décennie. Dès 2020, alors que les tout premiers prototypes de Starship explosaient encore lors de leurs essais, le patron de SpaceX affirmait déjà que le lanceur était « conçu pour rendre la vie multiplanétaire », ajoutant que sans cet objectif, un tel appareil représenterait un excès de puissance totalement disproportionné pour de simples usages terrestres. Il avait alors évalué à 70 % ses chances personnelles de s’installer un jour sur la planète rouge. Plus récemment, dans une vidéo diffusée sur X, il a présenté son site texan comme la « porte d’entrée vers Mars« , expliquant vouloir y développer la technologie nécessaire à l’installation de la civilisation humaine sur une autre planète pour la première fois en quatre milliards et demi d’années d’histoire terrestre.
Il avait évoqué une chance sur deux d’envoyer un Starship sans équipage vers Mars dès la fin de l’année 2026, un premier vol qui embarquerait des robots humanoïdes Optimus développés par Tesla en guise d’équipage simulé, avant d’envisager des atterrissages habités à partir de 2029. Le lanceur, haut de plus de 120 mètres, doit toutefois d’abord remplir un rôle plus immédiat : servir d’atterrisseur lunaire pour le compte de la NASA dans le cadre du programme Artemis, avec un retour d’astronautes sur la Lune espéré pour 2028.
Ce calendrier lunaire dépend directement de la capacité de SpaceX à démontrer le transfert de propergol entre deux vaisseaux en orbite, une manœuvre jamais tentée à ce jour malgré treize vols d’essai. Rien ne garantit cependant que le 22 septembre soit la date effective du décollage : les autorités aériennes américaines se contentent pour l’instant de bloquer un créneau, une réservation qui peut encore être modifiée selon l’avancement des essais moteurs ou les conditions atmosphériques à Starbase.



