États-Unis : cinq Nigérians extradés pour arnaque sentimentale risquent 100 ans de prison

Cinq hommes se sont présentés le lundi 14 septembre 2026 devant un tribunal fédéral de Trenton, dans le New Jersey, après avoir été remis aux autorités américaines par l’Afrique du Sud. Ils encourent une peine cumulée pouvant atteindre 100 ans de prison, selon un communiqué du bureau du procureur fédéral du district du New Jersey.

Le mécanisme qui leur est reproché repose sur des relations amoureuses fictives nouées en ligne, à travers lesquelles la victime est progressivement amenée à envoyer de l’argent pour faire face à de prétendus imprévus — souvent un accident sur un chantier ou une panne de grue lors d’un déplacement professionnel supposé. C’est sur ce montage que s’appuie l’accusation portée contre les cinq hommes désormais entre les mains de la justice américaine.

Cinq dirigeants présumés d’un réseau nigérian

Les accusés ont été identifiés comme Perry Osagiede, 57 ans, Franklyn Edosa Osagiede, 42 ans, Osariemen Eric Clement, 40 ans, Collins Owhofasa Otughwor, 42 ans, et Musa Mudashiru, 38 ans. Tous sont originaires du Nigeria et présentés par l’accusation comme des cadres de la Cape Town Zone du Neo Black Movement of Africa, connu sous le nom de « Black Axe ».

Cette organisation, dont le siège se trouve à Benin City au Nigeria, est structurée en chapitres régionaux appelés « zones » et opère dans plusieurs pays, selon le procureur fédéral Robert Frazer. Perry Osagiede en aurait fondé l’antenne du Cap, en Afrique du Sud, et en aurait assuré la direction. Les cinq hommes avaient été interpellés au Cap en 2021, à la demande des autorités américaines, avant une procédure d’extradition qui s’est achevée le 11 septembre 2026.

Ce qui leur est reproché

Selon l’acte d’accusation modifié, les faits s’étendraient de 2011 à 2021. Les cinq hommes sont poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de commettre une fraude électronique et pour association de malfaiteurs en vue de blanchiment d’argent. Perry Osagiede, Franklyn Osagiede et Clement font en outre l’objet de poursuites individuelles pour fraude électronique, tandis que Perry Osagiede, Franklyn Osagiede et Otughwor sont également accusés de vol d’identité aggravé. D’après la presse nigériane, qui a repris les déclarations du parquet, les victimes présumées — des femmes américaines — auraient été convaincues par ces récits de détresse fabriqués de toutes pièces avant de voir leur argent transférer vers les auteurs présumés du stratagème.

Chaque chef de fraude électronique expose à une peine maximale de 20 ans de prison et 250 000 dollars d’amende, tandis que l’association de malfaiteurs en blanchiment d’argent est passible de 20 ans et d’une amende pouvant atteindre 500 000 dollars ou le double de la valeur des sommes blanchies. Le vol d’identité aggravé entraîne une peine obligatoire de deux ans, à purger en plus de toute autre condamnation. C’est l’addition de ces peines qui porte le risque encouru jusqu’à 100 ans de prison pour les principaux accusés.

Une organisation déjà visée par la justice américaine

Le Neo Black Movement of Africa est né en 1977 comme une confrérie étudiante à l’université de Benin, au Nigeria, avant de se transformer en réseau international soupçonné de piloter une partie importante de la cybercriminalité mondiale, selon Interpol. Ce dossier n’est pas isolé : en 2024, un autre dirigeant présumé de la même cellule du Cap, Enorense Izevbigie, avait déjà été extradé vers les États-Unis pour des faits similaires. Au total, huit hommes avaient été arrêtés lors de l’opération menée au Cap en 2021 par les autorités sud-africaines, dont deux avaient renoncé à contester leur extradition. Les cinq hommes comparus lundi devant le juge fédéral Michael A. Shipp doivent encore être formellement jugés, aucune date de procès n’ayant été communiquée à ce stade.

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