Pierre Damas Bel, 20 ans, s’est jeté sous un camion-citerne lundi sur l’Interstate 70, dans le comté de Clark, en Ohio. Originaire d’Haïti et arrivé aux États-Unis en 2024, l’étudiant en médecine venait d’entamer sa première semaine à l’université Wright State, un bracelet électronique de l’ICE fixé à la cheville depuis plusieurs semaines.
Un appel à son père quelques minutes avant sa mort
Selon le récit de son père, Pierre Ronal Bel, transmis par le groupe de défense des droits G92, son fils l’aurait appelé en visioconférence vers 8h03 du matin. « Je ne me sens pas bien mentalement à cause du harcèlement », aurait-il confié, avant que son père ne lui propose de rentrer à la maison pour en parler. Vers 11 heures, la police se serait présentée au domicile familial pour annoncer que le jeune homme s’était jeté sous un poids lourd.
Bel, diplômé avec mention du lycée de Springfield et ancien membre du JROTC, avait obtenu une bourse pour étudier la physiologie et les neurosciences à Wright State, avec l’ambition de devenir médecin. Il n’était étudiant que depuis huit jours au moment de sa mort.
Un bracelet imposé après la fin d’une protection légale
Le dispositif GPS avait été placé sur sa cheville par les autorités d’immigration après la suppression du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens par l’administration du président Donald Trump. Des centaines d’immigrants haïtiens de Springfield et de Columbus auraient été équipés du même dispositif à la suite de cette décision.
Bel avait publiquement évoqué son mal-être fin juillet, dans une publication sur Instagram. « Je ne suis pas venu ici pour commettre un crime ou faire du mal à quelqu’un. Pourtant, je marche aujourd’hui dans les rues des États-Unis avec un moniteur GPS à la jambe, portant une honte et une humiliation que je n’aurais jamais imaginé ressentir », aurait-il écrit.
Son père affirme que son fils aurait été harcelé par des camarades de classe à cause du bracelet, et se serait vu refuser son uniforme du JROTC en raison du dispositif, seul membre de son groupe dans ce cas selon lui. L’étudiant aurait par ailleurs effectué deux démarches auprès de bureaux régionaux de l’ICE pour tenter d’obtenir le retrait du bracelet, qui l’empêchait de jouer au soccer universitaire.
Une enquête toujours en cours
La police des autoroutes de l’Ohio, chargée de l’enquête, n’a pour l’instant communiqué aucune conclusion officielle sur les circonstances exactes du décès. Le père de la victime aurait lui-même exprimé, dans une déclaration ultérieure, des doutes sur la thèse du suicide et réclamé des preuves.
Le gouverneur de l’Ohio, Mike DeWine, a salué mardi les « grands rêves » que nourrissait le jeune homme pour ce pays. L’université Wright State a fait part de son deuil, décrivant un étudiant investi dans la vie du campus et passionné de soccer. Guerline Jozef, de la Haitian Bridge Alliance, a qualifié ce décès de l’une des conséquences les plus tragiques de la politique migratoire actuellement menée envers la communauté haïtienne.
Si vous ou un proche traversez une crise suicidaire, contactez le 3114, numéro national de prévention du suicide en France.

L’esclavage des noirs est juste fini sur papier.
2. Il fut traité, tel un chi. en. L’@mérique du cauc@sien Tromp.