Le Groupe de travail sahraoui chargé des ressources naturelles et des questions juridiques s’est réuni mercredi 23 septembre à Madrid pour faire le point sur ses activités. Organisée au siège de la Mission du Front Polisario, la rencontre a notamment porté sur les travaux menés depuis la précédente session tenue en juillet à Chahid El Hafed, en présence d’experts internationaux.
Ce rendez-vous intervient alors que le dossier du Sahara occidental a basculé dans une configuration inédite depuis l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité de l’ONU. Rédigé à l’initiative de Washington, ce texte a pour la première fois désigné le plan d’autonomie proposé par Rabat comme la base privilégiée des négociations, reléguant l’option référendaire longtemps défendue par le Polisario et l’Algérie. C’est dans ce cadre de rapport de force redessiné que la délégation sahraouie a choisi de resserrer son dispositif juridique à Madrid.
Un bilan des actions engagées depuis juillet
La session madrilène a permis de faire le point sur les dossiers ouverts par le Front Polisario depuis la précédente réunion tenue en juillet à Chahid El Hafed, siège de la présidence sahraouie dans les camps de réfugiés. La rencontre, présidée par Oubi Bouchraya Bachir, président du Groupe de travail, s’est déroulée en présence des membres de cette instance, de l’avocat du Front Polisario Emmanuel Duvers, ainsi que d’experts internationaux et de militants et sympathisants de la solidarité internationale. Les échanges ont notamment porté sur les procédures engagées devant les juridictions européennes et sur les dossiers prioritaires pour la prochaine phase concernant les ressources naturelles du Sahara occidental.
Un contentieux européen déjà engagé
Le volet juridique de la stratégie sahraouie s’appuie en grande partie sur les procédures menées devant les juridictions de l’Union européenne. La Cour de justice de l’UE avait annulé en 2021 les accords de pêche et agricole liant l’UE au Maroc, avant de confirmer cette annulation en 2024 face aux recours du Conseil et de la Commission européens, au motif que ces textes s’appliquaient aux eaux et terres sahraouies sans le consentement du peuple concerné.
L’avocat Emmanuel Devers, qui représente le Front devant ces tribunaux depuis plusieurs années, avait qualifié cette base jurisprudentielle de solide pour poursuivre la contestation des exploitations en cours, notamment dans les phosphates et la pêche, deux secteurs considérés par Madrid et Bruxelles comme les plus sensibles économiquement pour la région.
Une bataille menée sur plusieurs fronts
À la différence du contentieux devant les instances européennes, la résolution 2797 se joue au niveau politique et diplomatique, où le Polisario dispose de moins de leviers depuis le ralliement de plusieurs puissances occidentales à la position marocaine. La tenue de cette réunion technique à Madrid suggère que le mouvement mise désormais sur le terrain juridique européen pour maintenir une pression parallèle, en misant sur la distinction, maintenue par les juges européens depuis 2016, entre le territoire du Sahara occidental et celui du Royaume du Maroc. Aucune date n’a été communiquée pour une prochaine étape de ce Groupe de travail.
