Une coopération renforcée sur l’intelligence artificielle a été discutée lundi entre Vladimir Poutine et Xi Jinping, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Bichkek, au Kirghizstan. Le dossier numérique figure désormais parmi les priorités affichées entre les deux capitales, aux côtés de l’énergie et de la défense.
Un dossier numérique désormais central dans la relation
Longtemps concentrés sur les hydrocarbures et les questions militaires, les échanges entre Moscou et Pékin ont pris cette fois une orientation différente. Le président russe a mis en avant les perspectives ouvertes par le numérique et l’intelligence artificielle dans les discussions avec son homologue chinois, selon des médias russes. Plusieurs observateurs y voient un nouveau terrain de rapprochement entre les deux puissances, après des décennies dominées par les partenariats énergétiques.
Ce sommet à Bichkek intervient trois mois après une précédente rencontre entre les deux chefs d’État à Pékin, en mai, à l’occasion de laquelle une déclaration commune avait été signée. Les deux dirigeants s’y étaient alors décrits comme des « meilleurs amis », selon la presse chinoise citée par des médias internationaux.
L’IA, nouveau front face aux restrictions américaines
Ce rapprochement technologique intervient alors que Washington multiplie depuis 2023 les restrictions à l’exportation de semi-conducteurs avancés vers la Chine, dans le but de freiner sa montée en puissance dans l’IA. Pékin cherche à diversifier ses partenariats technologiques, tandis que la Russie, isolée par les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, y voit une occasion de peser davantage dans un secteur stratégique où elle reste marginale face aux États-Unis et à la Chine.
Le sommet de l’OCS, fondée en 2001, a réuni cette année plus d’une vingtaine de dirigeants à Bichkek, dont le Premier ministre indien Narendra Modi et le président iranien Massoud Pezeshkian. L’organisation régionale rassemble aujourd’hui des États représentant près de la moitié de la population mondiale.
Une alliance affichée malgré des rivalités internes
Sur le plan bilatéral, la fréquence des rencontres entre les deux chefs d’État reste sans équivalent dans la diplomatie mondiale actuelle : depuis son arrivée au pouvoir en 2013, Poutine s’est rendu à plus d’une dizaine de reprises en Chine, et Xi a effectué un nombre comparable de déplacements en Russie. Ce rythme d’échanges illustre la solidité revendiquée de cet axe, présenté par les deux capitales comme plus stable que leurs relations respectives avec Washington.
L’OCS reste traversée de tensions non résolues entre certains de ses membres, à l’image du différend frontalier persistant entre l’Inde et la Chine. Cette hétérogénéité pourrait limiter la portée concrète des annonces de coopération technologique formulées à Bichkek, dont le contenu précis n’a pas été détaillé à l’issue de la rencontre.
