France Télévisions devrait mettre un terme à « Flair de famille » et « Enquête parallèle », deux fictions policières qui avaient pourtant trouvé leur public. La décision intervient alors que le groupe public réduit ses investissements dans la création et revoit ses choix de production.
La fin se précise pour deux séries françaises diffusées sur les antennes de France Télévisions. Selon les informations de Satellifacts, « Flair de famille » et « Enquête parallèle » figurent parmi les fictions dont le groupe aurait décidé de ne pas poursuivre le développement. La décision, rapportée le 2 septembre, n’a pas été présentée comme une annonce publique de France Télévisions dans un communiqué dédié.
« Flair de famille » malgré des audiences solides
Lancée en avril 2023, « Flair de famille » repose sur le duo formé par Samuel Labarthe et Virginie Hocq. La série raconte les enquêtes menées par un frère et une sœur policiers, dont les méthodes et les caractères diffèrent.
Son arrêt intervient alors que ses résultats n’étaient pas négligeables. Les quatre épisodes déjà diffusés avaient réuni environ 3,9 millions de téléspectateurs en moyenne selon les données reprises par les médias spécialisés. Deux épisodes supplémentaires avaient même été tournés au printemps 2026.
Le choix de ne pas prolonger la fiction illustre donc l’évolution des critères de renouvellement au sein du groupe public. La capacité d’une série à réunir plusieurs millions de personnes ne suffit plus nécessairement à garantir sa poursuite lorsque les coûts de production et les priorités éditoriales évoluent.
« Enquête parallèle » également concernée
« Enquête parallèle » devrait connaître le même sort. La fiction portée par Florence Pernel et Jean-Baptiste Shelmerdine suit une ancienne journaliste de guerre et son cameraman, qui se lancent dans des investigations autour d’affaires criminelles.
Le cas de cette série présente une particularité : des épisodes supplémentaires ont déjà été produits ou étaient encore en préparation. La décision rapportée par Satellifacts concerne donc avant tout la poursuite de la collection, et non la disparition immédiate de tous les épisodes déjà fabriqués.
Ces décisions interviennent dans une période de réduction des dépenses de France Télévisions. Le groupe doit économiser 150 millions d’euros en 2026 et a ramené ses investissements dans la création de 440 à 420 millions d’euros, dont 13 millions d’euros de baisse pour la fiction.
Environ 700 producteurs concernés chaque année
L’impact dépasse les seules chaînes du groupe. France Télévisions travaille chaque année avec environ 700 producteurs indépendants, selon les données rapportées par Le Monde. Une diminution des commandes peut donc affecter directement des sociétés de production qui dépendent de ces projets pour lancer leurs tournages et maintenir leur activité.
La réduction des commandes intervient aussi dans un marché audiovisuel français sous pression. Au premier trimestre 2026, le nombre de semaines de tournage de fiction en France avait reculé de 36 % sur un an, tandis que les heures payées aux intermittents de l’audiovisuel diminuaient de 5,1 %.
France Télévisions ne prévoit toutefois pas d’abandonner la fiction. Le groupe souhaite réorienter une partie de son offre vers des formats différents, avec une place accrue accordée aux mini-séries et à la stratégie dite « streaming first ». Anne Holmes, directrice de la création, a récemment expliqué que cette évolution modifiait les formats privilégiés par le groupe.



