Pays frontalier de la Russie, la Lituanie refuse de dramatiser alors que les accusations de sabotage visant Moscou se multiplient en Europe. Et pour cause, le Premier ministre lituanien, Mindaugas Sinkevičius, a affirmé le 29 septembre à Bruxelles que les services de renseignement ne disposent d’aucune preuve d’une action russe d’envergure à court terme.
C’était lors d’une conférence de presse commune avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, au siège de l’Alliance. Pour rappel, Vilnius partage ses frontières avec l’enclave russe de Kaliningrad et avec la Biélorussie, ce qui place le pays en première ligne en cas de tension avec Moscou. Notons que cette position tranche avec le ton des déclarations de plusieurs capitales européennes, qui dénoncent une escalade des actes hostiles russes.
Et pour cause, le dirigeant lituanien a estimé qu’il faut informer la population lorsqu’une menace existe, mais qu’il serait excessif d’annoncer un événement dans les semaines ou les mois à venir. « Le risque demeure, mais il n’augmente ni ne diminue », a-t-il déclaré, d’après Euronews. Mark Rutte a pour sa part appelé les pays de l’Alliance à rester calmes, à poursuivre leur travail et à soutenir l’Ukraine. « Nous ne devons pas être naïfs, mais ils savent que nous sommes plus forts », a-t-il ajouté.
L’Estonie accuse Moscou d’un incendie criminel
Rappelons que ces déclarations interviennent le jour où l’Estonie a officiellement mis en cause la Russie. Son ministre des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, affirme avoir la certitude que l’incendie criminel survenu en août à Tallinn dans les locaux de l’entreprise de défense Milrem Robotics a été commandité par les services spéciaux russes. Selon lui, les auteurs de l’attaque ont été arrêtés et l’ambassadeur de Russie a été convoqué. Toutefois le Kremlin a rejeté ces accusations et son porte-parole, Dmitri Peskov, les qualifie d’infondées et dit ne pas pouvoir les prendre au sérieux.
Concernant la menace russe, le Premier ministre estonien, Kristen Michal, partage en partie l’analyse de son homologue lituanien sur l’absence de menace militaire immédiate. Il juge ainsi improbable une attaque conventionnelle russe contre l’Europe, car les forces de Moscou restent mobilisées en Ukraine et la perspective d’une riposte de l’OTAN pèse dans le calcul du président russe Vladimir Poutine. Il prévient en revanche que le niveau élevé d’activités hostiles, dont les sabotages difficiles à attribuer, durera tant que le Kremlin ne changera pas ses objectifs militaires.



