Les 11 banques commerciales agréées en Gambie doivent revoir leurs effectifs étrangers et procéder aux remplacements exigés par le régulateur avant le 31 décembre 2026. La Banque centrale de Gambie (CBG) demande que les postes concernés soient progressivement confiés à des Gambiens disposant des qualifications requises.
Cette échéance concerne l’ensemble des établissements figurant sur la liste officielle du régulateur. Celle-ci compte actuellement onze banques, parmi lesquelles Access Bank Gambia, Ecobank Gambia, First Bank Gambia, Guaranty Trust Bank Gambia et Zenith Bank Gambia. AGIB Bank, BSIC, Bloom Bank Africa, Mega Bank, Trust Bank et Vista Bank complètent cette liste.
Une étude de la Banque centrale à l’origine de la décision
Avant de fixer cette échéance, la CBG avait réuni les dirigeants des banques le 27 août. Un examen des pratiques de recrutement dans le secteur a ensuite conduit le régulateur à constater que des salariés non gambiens occupaient des fonctions dépassant le nombre de postes officiellement reconnus dans le cadre des dispositifs réservés aux expatriés. La Banque centrale estime que certaines de ces situations ne respectent ni le Labour Act de 2023 ni les règles applicables au personnel expatrié.
La circulaire, datée du 16 septembre 2026, porte la signature de Paul J. Mendy, deuxième vice-gouverneur de la CBG. Elle ne précise toutefois ni le nombre de salariés qui devront être remplacés ni leur répartition entre les différents établissements. Aucune banque n’y est individuellement présentée comme ayant enfreint la réglementation.
La décision ne signifie donc pas que tous les emplois bancaires occupés par des étrangers doivent disparaître. La législation gambienne autorise le recrutement d’expatriés lorsque les compétences recherchées ne sont pas disponibles localement, à condition que les procédures prévues soient respectées.
La loi de 2023 organise la transmission des compétences
Le Labour Act de 2023 encadre les quotas permettant aux entreprises d’employer des expatriés. Pour les postes concernés, l’employeur doit préparer un salarié gambien à reprendre les fonctions et organiser la transmission des connaissances professionnelles. Un quota ne doit pas être accordé lorsque les compétences nécessaires sont déjà disponibles dans le pays.
La législation prévoit également des sanctions. L’emploi d’un expatrié sans l’autorisation requise peut exposer une entreprise, après condamnation, à une amende minimale de 500 000 dalasis. Des sanctions sont aussi prévues lorsque certaines obligations liées à la formation du salarié gambien appelé à acquérir les compétences de l’expatrié ne sont pas respectées.
Plusieurs groupes bancaires étrangers concernés
Plusieurs établissements visés appartiennent à des groupes implantés dans différents pays africains. Access Bank, First Bank, GTBank et Zenith sont liés à des groupes bancaires du Nigeria, tandis qu’Ecobank appartient à un groupe panafricain. Cette présence étrangère ne permet cependant pas de déterminer le nombre de salariés qui devront quitter leur fonction : aucune ventilation officielle des effectifs concernés n’a été rendue publique.
Les établissements disposent désormais jusqu’à la fin de l’année pour effectuer les ajustements demandés. La Banque centrale leur demande de procéder progressivement afin de préserver les compétences nécessaires et d’éviter des perturbations dans leurs activités.
