Le projet gazier d’Ima, au large du Nigéria, franchit une nouvelle étape avec une décision finale d’investissement de 800 millions de dollars, annoncée le 23 septembre 2026. Le développement doit permettre de valoriser une ressource découverte il y a plus de cinq décennies dans les blocs offshore OML 112 et 117.
Le projet est porté par AMNI International, qui détient 60 % du partenariat, avec TotalEnergies, opérateur à hauteur de 40 %. La présidence nigériane indique que la production pourrait atteindre environ 300 millions de pieds cubes standards par jour au pic. TotalEnergies avance pour sa part une capacité de plateau de 350 millions de pieds cubes par jour, avec un démarrage attendu en 2028.
Un champ pétrolier déjà en production
L’histoire d’Ima ne commence toutefois pas avec le projet gazier annoncé cette semaine. Le même ensemble avait déjà donné lieu à une exploitation pétrolière.
Selon les données publiées par AMNI, le pétrole et le gaz d’Ima ont été découverts en 1973. Le champ pétrolier est entré en production en 1996 et 24 puits de production ont depuis été forés. Le gaz associé au site est, lui, resté sans développement commercial.
Cette différence explique une partie de la longue histoire du projet gazier. AMNI indique qu’un puits d’évaluation, Ima-12, a été foré en 2006. Il avait confirmé à l’époque plus de 1,6 trillion de pieds cubes (TCF) de gaz maigre classé en réserves P1.
Les estimations communiquées pour le projet actuel font état d’environ 1,28 TCF de réserves brutes confirmées de gaz non associé. AMNI et TotalEnergies prévoient une production d’environ 350 millions de pieds cubes par jour pendant au moins huit ans selon les données du projet rapportées par Premium Times.
TotalEnergies avait rejoint le projet en 2005
Le développement du gaz d’Ima avait déjà fait l’objet de travaux avant la décision annoncée en 2026. AMNI précise que TotalEnergies est entré dans le partenariat en 2005, en prenant une participation de 40 % dans les OML 112 et 117. Les études conceptuelles du développement gazier avaient ensuite été réalisées en 2006.
Le projet actuel prévoit une plateforme unique en eaux peu profondes, reliée aux installations de Nigeria LNG par un gazoduc de 22 kilomètres. Sa mise en production doit fournir environ un tiers du gaz nécessaire au projet d’expansion Train 7 de Nigeria LNG, dont la capacité de liquéfaction doit passer de 22 à 30 millions de tonnes par an.
La présidence nigériane présente cette décision comme l’aboutissement des réformes destinées à accélérer le développement des ressources gazières. Bola Tinubu estime qu’une découverte ancienne ne peut produire des emplois et des activités économiques qu’à partir du moment où les capitaux, les infrastructures et la main-d’œuvre permettent sa mise en exploitation.
Le financement du projet doit aussi mobiliser davantage d’acteurs nigérians : selon la présidence, les institutions financières locales ont arrangé 77 % du financement, tandis qu’environ 60 % de la main-d’œuvre attendue pendant la phase de développement devrait provenir des communautés hôtes.
