Haïti : après l’envoi de 350 soldats, les États-Unis remercient le Tchad et saluent son « leadership »

Les États-Unis ont remercié le Tchad, dimanche 21 septembre, après le déploiement de près de 350 soldats tchadiens en Haïti. Ces militaires doivent renforcer la Force de répression des gangs (FRG), engagée aux côtés des forces haïtiennes face aux groupes armés.

Dans un message publié par le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain, Washington a salué la contribution de N’Djamena à cette mission. L’administration américaine a également fait part de sa volonté de poursuivre sa coopération avec les autorités tchadiennes sur les questions de sécurité en Haïti.

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Un nouveau contingent tchadien envoyé en Haïti

Le renfort compte environ 350 militaires. Selon l’Agence tchadienne de presse et d’édition (ATPE), ils ont quitté N’Djamena le 18 septembre pour rejoindre la FRG et participer aux opérations menées contre les groupes armés présents dans plusieurs secteurs de Port-au-Prince.

Le Tchad participe déjà au dispositif international déployé dans le pays. Des forces tchadiennes étaient arrivées en avril lors du lancement opérationnel de la FRG, qui a succédé à la Mission multinationale d’appui à la sécurité. La nouvelle force a été autorisée par la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies et a officiellement commencé ses opérations le 1er juin 2026.

Au 8 juillet, sa composante militaire comptait 1 083 personnes, selon les données du secrétaire général de l’ONU reprises par Security Council Report. L’arrivée des nouveaux effectifs tchadiens doit donc augmenter les moyens humains disponibles pour les opérations conduites avec les forces haïtiennes.

Les gangs ont profité de plusieurs crises politiques pour étendre leur contrôle

L’emprise actuelle des gangs ne découle pas directement des événements politiques de 2004, qui avaient conduit au départ du président Jean-Bertrand Aristide. À cette époque, une insurrection partie des Gonaïves avait gagné plusieurs villes. Un rapport du Conseil de sécurité relevait qu’au moment du déploiement de la force multinationale, le 29 février 2004, les autorités haïtiennes ne contrôlaient plus que le territoire autour de Port-au-Prince.

La domination actuelle des groupes armés s’est développée plusieurs années plus tard. Leur expansion s’est accélérée après l’assassinat du président Jovenel Moïse, en juillet 2021, selon les Nations unies. Les groupes criminels ont profité de l’affaiblissement des institutions et de la crise politique pour accroître leur présence territoriale. Les deux principales factions de Port-au-Prince, G9 et G-Pèp, se sont ensuite rapprochées au sein de Viv Ansanm, coalition constituée en 2023. En 2024, celle-ci a mené des attaques coordonnées contre des prisons, des bâtiments publics et l’aéroport international, lors d’une offensive qui a contribué au départ du Premier ministre Ariel Henry. En 2025, l’ONU estimait que les groupes armés contrôlaient environ 90 % de la capitale.

La violence reste élevée malgré les opérations de sécurité

Entre avril et juin 2026, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti a recensé 1 408 morts et 656 blessés dans les violences liées aux gangs. Le 28 août, l’ONU signalait aussi une progression de groupes armés hors de Port-au-Prince, après une attaque à Kenscoff ayant fait au moins 47 morts.

Lors d’une visite en juin, le secrétaire général de l’ONU avait indiqué que certains secteurs du centre de la capitale avaient été repris et que le Conseil des ministres avait pu retourner au Palais national après plus de trois ans. Les quelque 350 militaires tchadiens arrivent alors que les forces haïtiennes et internationales poursuivent leurs opérations contre les groupes armés.

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