Immigration : l'Australie durcit le sort réservé aux touristes en dépassement de visa

L’Australie va placer en détention administrative les touristes qui restent sur son sol au-delà de la durée autorisée par leur visa. Le ministre de l’Immigration Tony Burke l’a annoncé le 17 septembre lors d’une allocution au National Press Club à Canberra, précisant que 77 000 personnes se trouvent actuellement dans le pays sans visa valide.

Cette annonce s’ajoute à une série de mesures similaires prises ces derniers mois par plusieurs pays occidentaux pour resserrer leurs conditions d’entrée et de séjour, à l’image des restrictions imposées par les États-Unis ou de la réduction des délais d’exemption de visa décidée par la Thaïlande, une tendance à laquelle répond désormais la réforme australienne, qui va bien au-delà du seul cas des touristes.

Une mesure pensée comme un signal dissuasif

Le ministre assistant aux Affaires étrangères, Matt Thistlethwaite, a justifié la mesure par son effet dissuasif, expliquant qu’un touriste ayant connu la détention après un dépassement de visa et rentré chez lui inciterait, par son témoignage, d’autres candidats à l’overstay à y renoncer. Le gouvernement prévoit d’ouvrir 250 places de détention supplémentaires et de recruter 100 agents de conformité pour identifier et gérer ces dossiers. Ces personnes seront hébergées dans des structures distinctes de celles réservées aux autres détenus. L’exécutif étudie aussi la possibilité de reconvertir l’ancien centre de quarantaine de Melbourne en lieu de rétention.

Étudiants et travailleurs saisonniers également concernés

Les nouvelles règles annoncées par Tony Burke ne se limitent pas aux touristes. Les membres de la famille des étudiants internationaux ne pourront plus les accompagner en Australie pendant leurs études, une restriction inédite dans le dispositif actuel. Un système de tirage au sort sera par ailleurs instauré pour les détenteurs de visas vacances-travail, avec un plafond fixé à 45 000 places pour une deuxième année de séjour et à 5 000 places pour une troisième année.

La plupart des visas de visiteur porteront désormais une clause de « no further stay », empêchant toute prolongation sur place une fois le territoire australien atteint. Le gouvernement a également annoncé un encadrement plus strict des agents d’immigration, qui pourront être sanctionnés ou radiés s’ils encouragent des demandes jugées infondées. L’objectif affiché par l’exécutif est de ramener la migration nette à 225 000 personnes par an d’ici 2027-2028.

Le parti travailliste dément tout lien avec la percée de l’extrême droite

Le parti travailliste, au pouvoir, a démenti que ce durcissement réponde à la montée du parti One Nation, qui a gagné en popularité cette année en promettant une réduction drastique de l’immigration. Tony Burke a assuré que les nouvelles mesures ne conduiraient pas à des opérations à la manière de l’agence américaine ICE.

Selon Peter van Vliet, directeur général du Migration Institute of Australia, cette crainte relèverait d’une exagération, les centres de détention australiens ayant surtout perdu, depuis 2015, leur capacité à retenir les personnes en dépassement de visa après l’annulation obligatoire des permis de séjour de certains condamnés. Le secteur du tourisme s’inquiète néanmoins des répercussions de cette politique sur l’image du pays auprès des visiteurs étrangers.

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