Les commerces chinois de détail au Kenya devront cesser leur activité à partir du 7 septembre. William Ruto a fixé cette échéance mercredi 2 septembre lors d’une rencontre avec des représentants des micro, petites et moyennes entreprises à la State House de Nairobi, dans le cadre d’une mesure plus large visant l’ensemble des commerçants étrangers.
Une promesse de campagne enfin mise à exécution
Cette décision fait écho à un engagement pris par Ruto dès 2022, en pleine campagne présidentielle, lorsqu’il avait promis d’expulser les ressortissants chinois exerçant des activités de détail accessibles aux Kényans. Quatre ans plus tard, cette promesse électorale se traduit par une directive concrète et datée, que plusieurs médias locaux, dont The Kenya Times, ont présentée comme visant spécifiquement les commerces chinois.
Une mesure élargie à tous les étrangers
Dans les faits, l’annonce présidentielle dépasse le seul cas chinois : elle concerne l’ensemble des petites entreprises et activités de vente ambulante détenues par des ressortissants étrangers. Ruto a justifié cette décision par la nécessité de réserver le commerce de détail aux citoyens kényans. « Les petites entreprises doivent être une source d’emploi et de revenu pour nos citoyens, pas pour les étrangers« , a-t-il déclaré. Le président a chargé les autorités locales et les forces de l’ordre de faire appliquer strictement cette directive dès son entrée en vigueur, en évoquant la faible confiance accordée par les investisseurs kényans face à l’afflux de vendeurs ambulants étrangers dans les grandes villes.
Un cadre légal en préparation au Parlement
Au-delà de la fermeture immédiate, Ruto a annoncé l’accélération d’un texte de loi, le Local Content Bill 2025, actuellement examiné au Parlement. Ce texte doit permettre d’identifier par la loi les secteurs d’activité économique réservés exclusivement aux Kényans. Le président a chargé le chef de la majorité à l’Assemblée nationale, Kimani Ichung’wah, ainsi que le secrétaire du Cabinet du Commerce, Lee Kinyanjui, de superviser l’adoption rapide de cette législation.
Cette annonce intervient alors que les relations économiques entre Nairobi et Pékin restent denses. En avril 2025, Ruto s’était rendu à Pékin pour une visite d’État destinée à renforcer les liens commerciaux, d’investissement et d’infrastructure entre les deux pays, alors même que la balance commerciale bilatérale reste largement favorable à la Chine. Le Kenya cherche depuis plusieurs années à diversifier ses partenaires économiques face au poids de sa dette extérieure, tout en maintenant une pression politique interne sur la présence économique étrangère dans les secteurs les plus accessibles à sa population.
