Entre 40 et 50 personnes soupçonnées de racolage ont fini la nuit au poste de police à Pattaya, en Thaïlande, au terme d’un week-end de contrôles renforcés. Ces interpellations surviennent quelques jours avant le débarquement de près de 5000 marins et Marines américains, arrivés mercredi à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln.
Un dispositif policier XXL avant l’escale
Selon le média local Pattaya Mail, plus de 200 policiers et agents des affaires sociales ont ratissé le 29 août la plage principale de la ville ainsi que la Second Road, une artère commerçante prisée des touristes. Dix-huit ressortissants thaïlandais, cinq Laotiens et deux Ougandais comptent parmi les personnes contrôlées. Le chef de la police locale, Anek Srathongyoo, a reconnu lundi la difficulté d’un tel exercice : « Nous faisons de notre mieux, mais c’est compliqué« , a-t-il indiqué, les sollicitations pouvant avoir lieu en public sans que les forces de l’ordre en aient toujours connaissance.
Un porte-avions attendu après un très long déploiement
L’arrivée du bâtiment militaire clôture une période supérieure à 200 jours en mer sans escale, un record des temps modernes selon des élus américains démocrates. Le navire avait quitté San Diego en novembre, avant d’être détourné en janvier vers le Moyen-Orient pour appuyer les opérations américaines dans le cadre du conflit avec l’Iran. Cette durée avait suscité des demandes d’enquête au Congrès, portant sur les conditions de vie à bord et sur la santé mentale des membres d’équipage. Escortés par deux autres navires, les militaires disposeront de quatre jours de repos à terre avant de reprendre la mer vers leur port d’attache californien.
Des restrictions imposées aux militaires à terre
Les autorités locales se sont entretenues avec des représentants de la marine américaine pour encadrer cette permission à terre. D’après le journal Pattaya News, les boutiques de cannabis, les pharmacies et les activités nautiques seront interdites aux militaires débarqués, de même que l’accès à certaines rues, dont le quartier chaud de la ville. La célèbre Walking Street, bordée de bars et de clubs, restera ouverte, à condition que les militaires la quittent avant 2 heures du matin.
Le paiement de rapports sexuels demeure proscrit pour les militaires américains eux-mêmes, en vertu de l’article 134 du Code uniforme de justice militaire, qui encadre leur conduite à l’étranger. La prostitution est théoriquement interdite en Thaïlande depuis une loi de 1960, mais un texte de 1966 sur les lieux de divertissement a ouvert une zone grise permettant au commerce du sexe de perdurer dans les bars et salons de massage. Il y a une dizaine d’années, le FBI américain classait déjà Pattaya parmi les principales destinations mondiales du tourisme sexuel.
Un pari économique pour la station balnéaire
Les responsables locaux espèrent que cette escale profitera à l’économie de la ville, encore marquée par les retombées de la pandémie de Covid-19.
