Un guide recensant les termes et chapitres à retirer des manuels scolaires sera remis aux enseignants du secondaire au Burkina Faso dès la prochaine rentrée. L’annonce a été faite le 7 septembre 2026 à Ouagadougou, lors d’une cérémonie de montée des couleurs présidée par le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana.
Un document destiné à guider les enseignants
Le futur livret listera les expressions jugées dévalorisantes pour les Africains, ainsi que les chapitres à supprimer ou à ajouter dans les programmes. Devant les agents de son ministère, le ministre a estimé qu’il fallait débarrasser le système éducatif des traces de l’héritage colonial encore présentes dans les contenus pédagogiques. Il a résumé sa position en une formule : « Lorsqu’un homme intelligent prend conscience d’une situation, il cesse d’être dans la même situation ».
Le ministre a précisé que la révision viserait à retirer des textes tout ce qui pourrait diminuer ou infantiliser les Africains dans le récit de leur propre histoire. Le calendrier annoncé est serré : le guide doit être distribué aux enseignants dès la rentrée scolaire à venir, selon les propos rapportés par le média burkinabè Minute.bf.
Des chantiers similaires engagés dans les pays voisins de l’AES
L’initiative burkinabè prolonge des révisions déjà amorcées ailleurs dans la Confédération. Au Mali, les États généraux de l’Éducation, tenus en 2023 et 2024, ont débouché sur 280 recommandations, parmi lesquelles une révision complète des curricula intégrant davantage l’histoire malienne et africaine dans les manuels. La Constitution malienne du 22 juillet 2023 a par ailleurs élevé treize langues nationales au rang de langues officielles, une réforme portée comme un acte de souveraineté par ses promoteurs et censée irriguer progressivement l’enseignement. Le pays avait suspendu, dans la même dynamique, l’enseignement de la Révolution française de 1789 dans ses établissements scolaires.
Au Niger, la rentrée 2024-2025 avait été placée sous le thème « Souveraineté et citoyenneté retrouvées », avec un accent renforcé sur l’éducation civique et morale pour promouvoir le patriotisme dans les classes, selon le ministère nigérien de l’Éducation nationale. Des expériences de bilinguisme associant langues africaines et français progressent également dans les parcours scolaires du Niger, du Mali et du Burkina Faso, avec des résultats jugés encourageants par leurs promoteurs.
Un débat né dès les indépendances
La question des contenus scolaires hérités de la période coloniale ne date pas de cette année. Dès la Conférence d’Addis-Abeba de 1961, organisée sous l’égide de l’UNESCO, les dirigeants africains avaient affirmé que l’éducation devait devenir un levier de développement économique et social, avec l’objectif d’atteindre la scolarisation primaire universelle. Plus de soixante ans après les indépendances, plusieurs experts continuent de plaider pour une révision complète des manuels africains, encore marqués selon eux par les méthodes et récits issus de l’administration coloniale. Le ministère burkinabè n’a pas encore précisé la liste des chapitres concernés ni communiqué de date exacte pour la remise officielle du livret aux établissements scolaires.




»Le Burkina Faso veut bannir des manuels scolaires les mots qui « infantilisent » l’Afrique »
Mdrrr!
S’il n’y avait que des manuels scolaires à bannir, l’affaire serait bouclée depuis longtemps.
Ce n’est pas en cassant le thermomètre que la fièvre va baisser.
En voyant ton look de caporal, je n’ai pas l’impression que tu aies .mûri
En tout cas bon courage!