Un désengagement américain du Moyen-Orient ferait grimper les prix de l’énergie à l’échelle mondiale, a averti le vice-président JD Vance ce mercredi 16 septembre. Selon lui, un tel retrait laisserait le champ libre à l’Iran pour s’en prendre au trafic maritime dans la région, un scénario qu’il juge déjà acté par le comportement passé de Téhéran.
Le marché pétrolier reste marqué par les secousses du printemps 2026 : au plus fort du conflit militaire opposant les États-Unis, Israël et l’Iran, le cours du Brent avait franchi la barre des 105 dollars le baril en mai, avant de retomber autour de 84 dollars en juin puis de repasser sous les 80 dollars cet été. Ce reflux reste toutefois fragile, dans un cadre où le diesel s’échange désormais à 6,20 dollars le gallon aux États-Unis, soit 68 % de plus qu’il y a un an. Cette flambée du diesel a d’ailleurs conduit Trump à interpeller Zelensky ce week-end en Irlande, lui demandant de cesser les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, avant d’annoncer un engagement réciproque de Kiev et Moscou à épargner leurs infrastructures énergétiques. Un accord dont la présidence ukrainienne s’est gardée de confirmer les termes exacts. C’est dans ce climat de tension sur les prix qu’interviennent les déclarations du vice-président américain.
Le détroit d’Ormuz au centre des inquiétudes
S’exprimant lors du sommet All-In, une conférence réunissant investisseurs et dirigeants technologiques, Vance a défendu la stratégie actuelle de la Maison Blanche dans la région. « Le président adopte une ligne de conduite responsable », a-t-il affirmé, ajoutant qu’elle permettait de « protéger les actifs américains tout en assurant l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel ».
Le vice-président a justifié cette position en pointant le rôle du détroit d’Ormuz, passage stratégique entre le golfe Persique et l’océan Indien par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Une fermeture ou une perturbation prolongée de ce couloir, déjà redoutée par les marchés durant les frappes du printemps, ferait mécaniquement grimper les cours bien au-delà des niveaux actuels.
Un marché sous surveillance depuis le printemps
Avant le déclenchement du conflit en février 2026, le Brent évoluait encore autour de 63 dollars le baril, un niveau qu’il n’a plus retrouvé depuis. L’écart de plus de 20 dollars entre ce plancher de fin 2025 et les cours actuels montre, selon plusieurs analystes du secteur, la prime de risque géopolitique toujours intégrée par les investisseurs malgré l’accalmie relative des derniers mois.
Vance a reconnu l’existence de frustrations face à la prolongation de l’engagement américain dans la région, sans les attribuer à un camp politique précis. Il a toutefois maintenu que le retrait resterait, selon lui, plus coûteux économiquement que le statu quo, tant que la menace iranienne sur le transport maritime demeure crédible.
Sur le terrain, la situation reste tendue début septembre. Le 1er septembre, deux pétroliers ont été touchés par des tirs alors qu’ils quittaient le détroit d’Ormuz, dans un cadre de reprise des affrontements directs entre Washington et Téhéran après près d’un mois d’accalmie. Quelques jours plus tôt, les forces américaines avaient frappé l’île iranienne de Larak, dans le détroit, une opération visant selon le CENTCOM des lance-roquettes et des mines marines des Gardiens de la révolution. L’Iran avait riposté en visant la Jordanie, Bahreïn et des bases américaines aux Émirats arabes unis. Aucune décision de retrait n’a été annoncée à ce stade par l’administration américaine.
