Le général de brigade Moussa Salaou Barmou a quitté ses fonctions de chef d’état-major des Armées du Niger ce vendredi 11 septembre 2026. Le président Abdourahamane Tiani l’a remplacé par décret par le général de brigade Mahaman Sani Kiaou, jusqu’alors à la tête de l’état-major de l’armée de terre, selon l’Agence Nigérienne de Presse.
Un remaniement militaire à plusieurs niveaux
Le décret présidentiel ne se limite pas au poste de Barmou. Le général Abdourahmane Abou Zataka hérite à son tour de la direction de l’état-major de l’armée de terre, laissée vacante par la promotion de Kiaou. Cette redistribution touche les deux échelons les plus élevés de la hiérarchie militaire nigérienne en une seule journée.
Barmou occupait ce poste depuis août 2023, quelques jours après le coup d’État qui avait renversé le président élu Mohamed Bazoum. Il aurait pris part au dispositif militaire déployé autour de la résidence présidentielle lors du putsch, selon des sources nigériennes. Il avait auparavant dirigé les forces spéciales nigériennes, formées en partie aux États-Unis à Fort Moore et à la National Defense University de Washington.
Un limogeage qui suit une mutinerie contre Tiani
Ce changement de commandement intervient moins de deux semaines après les événements du 28 au 29 août, lorsque des militaires dissidents s’étaient emparés de la base aérienne 101, jouxtant l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey, avant de viser également le palais présidentiel et le siège de la télévision nationale. La garde présidentielle avait repris le contrôle du site après une journée entière d’affrontements, avec l’appui du groupe paramilitaire russe Africa Corps.
Selon des sources sécuritaires citées par plusieurs médias régionaux, les militaires mutins provenaient de garnisons de l’intérieur du pays, notamment d’Ouallam, Tera et Dosso. L’Alliance des États du Sahel avait dénoncé une « entreprise de déstabilisation » qu’elle a jugée « contenue et mise en échec ». Une vague d’arrestations de militaires et de personnalités politiques, dont un ancien ministre de la Défense, s’est poursuivie dans les jours suivants.
Des tensions internes déjà signalées avant la mutinerie
Le limogeage de Barmou fait écho à des signes de fracture déjà documentés au sein des forces armées nigériennes avant la mutinerie d’août. Un rapport publié par DefenceWeb évoque une confrontation directe survenue en 2025 entre un officier subalterne et le général Barmou, alors interpellé sur la conduite des opérations contre les groupes armés et sur les moyens alloués aux troupes déployées sur le terrain. La même année, des soldats stationnés à la garnison de Termit s’étaient mutinés pour dénoncer des conditions de vie dégradées et un manque de soutien logistique depuis la capitale, allant jusqu’à retenir des officiers venus négocier.
Cette mutinerie de fin août constitue la première fracture armée interne depuis l’arrivée au pouvoir de Tiani en juillet 2023, après trois ans marqués par la lutte contre les groupes djihadistes actifs dans la zone des trois frontières, entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.



