Nigeria: Dangote veut doubler sa capacité de transport maritime

Le Nigeria pourrait disposer de davantage de navires sous pavillon national grâce à l’augmentation des volumes de marchandises du groupe Dangote. Le conglomérat prévoit de passer d’environ 300 à près de 1800 expéditions par an, selon Devakumar Edwin, vice-président du groupe chargé du pétrole et du gaz, qui s’exprimait jeudi à Lagos lors de la soirée 2026 de la Chambre nigériane du transport maritime.


Cette hausse concerne les flux liés aux différentes activités industrielles de Dangote, dont le ciment, le sucre, la farine, le raffinage, les engrais et la pétrochimie. Elle pourrait créer un marché plus important pour les armateurs nigérians, à condition que ceux-ci disposent des navires et des financements nécessaires.

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Dangote veut sécuriser ses besoins maritimes

Le groupe avait déjà recours à environ 300 navires par an pour transporter certaines de ses marchandises. Selon Edwin, les capacités disponibles auprès des opérateurs nigérians ne permettaient pas de répondre à l’ensemble de cette demande. Le dirigeant a expliqué que Dangote aurait privilégié des navires appartenant à des Nigérians si une capacité suffisante avait été disponible.

Le développement de cette flotte pourrait aussi permettre au pays de conserver une part plus importante des revenus générés par le transport de ses marchandises et de créer des emplois dans le secteur. « Le financement doit être lié à la disponibilité des cargaisons », a indiqué Edwin, appelant les acteurs financiers à considérer l’ensemble de la chaîne maritime. Le groupe souhaite ainsi voir financer la gestion des navires, l’assurance, les procédures réglementaires et les contrats d’affrètement à long terme. L’objectif est de donner aux futurs opérateurs suffisamment de visibilité sur leurs revenus pour rendre leurs investissements viables.

Une raffinerie qui renforce le potentiel maritime

Dangote dispose déjà d’un avantage majeur pour augmenter ses activités maritimes : sa raffinerie construite à Lekki, près de Lagos. L’installation possède ses propres infrastructures portuaires et reçoit des navires transportant du pétrole brut avant d’expédier des produits raffinés. La raffinerie fonctionne actuellement avec une capacité pouvant atteindre 650 000 barils de pétrole par jour.

Ses installations maritimes doivent pouvoir accompagner la montée en puissance des activités du complexe. Le groupe a aussi annoncé un projet visant à porter la capacité de raffinage à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029. Cette augmentation devrait mécaniquement accroître les volumes de pétrole brut et de produits pétroliers entrant et sortant du site.

Des volumes industriels qui pourraient changer d’échelle

Le potentiel maritime de Dangote ne repose donc pas uniquement sur son activité de raffinage. Le groupe possède également des activités importantes dans le ciment et les engrais, tandis que la pétrochimie doit renforcer ses flux de produits destinés aux marchés africains. Ces différentes activités donnent au conglomérat une capacité à générer des cargaisons régulières, un élément essentiel pour rentabiliser une flotte commerciale.

Pour Edwin, la progression des exportations issues des raffineries, des unités d’engrais et de la pétrochimie représente ainsi une occasion de renforcer le transport maritime nigérian. Avec près de 1 800 expéditions envisagées chaque année, Dangote pourrait devenir l’un des principaux générateurs de demande pour les navires nigérians.

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